Vaccins : Une levée des brevets pour la forme

Emmanuel Macron s'y est dit favorable, dans la foulée de Joe Biden.

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C’est un revirement pour le moins spectaculaire. Le 6 mai, Emmanuel Macron s’est dit « tout à fait favorable à ce que la propriété intellectuelle soit levée » sur les vaccins contre le Covid-19. Une surprise, alors qu’il s’y était toujours refusé. La raison de ce tête-à-queue ? Les déclarations de Joe Biden qui, la veille, s’est dit en faveur d’une « levée temporaire des brevets » détenus par les laboratoires des pays riches. Une sortie d’autant plus surprenante que, la veille encore, l’OMC avait échoué à trouver un accord sur la question malgré les demandes répétées d’une coalition de 80 pays emmenés par l’Inde et l’Afrique du Sud. Déjà en mars, les États-Unis, la France et l’Allemagne s’y étaient opposés.

Mais ce nouvel élan de solidarité sous impulsion américaine s’effectue à peu de frais alors que la patrie de Pfizer et de Moderna a déjà vacciné près de 50 % de sa population et bloque jusqu’à présent toute exportation de doses. À l’inverse, les Européens ont beau jeu de rappeler que l’Union européenne a pour sa part exporté la moitié des doses produites sur son sol, soit quelque 200 millions. Surtout, il n’est pas garanti qu’une levée des brevets permettrait d’accroître à court terme les capacités de production, qui tournent déjà à plein régime. De nombreux pays disposent certes d’une industrie mobilisable. C’est le cas de l’Afrique du Sud, de l’Inde, du Brésil, mais aussi du Pakistan, de l’Égypte, du Maroc ou encore du Sénégal. Mais les transferts de technologie, qui ont déjà commencé sous forme de partenariats entre labos, prendront des mois et des tensions risquent de se faire sentir sur certaines matières premières.

Si l’on doit se féliciter que tout le monde reconnaisse désormais la nécessité d’une stratégie vaccinale à l’échelle mondiale, on peut se demander si la meilleure solution ne reste pas le mécanisme Covax, sous l’égide de l’OMS, qui n’avait distribué que 50 millions de doses fin avril (pour un objectif de 500 millions au premier semestre) en raison… du nationalisme vaccinal des pays riches.


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