« Titane », de Julia Ducournau : Métal lourd

Titane est un film de genre sur le genre et la transformation du corps. Tonitruant.

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T itane : « le choc » du festival, n’a-t-on cessé d’écrire avant même de l’avoir vu. Le deuxième long métrage de Julia Ducournau, la réalisatrice du très remarqué Grave (2016), était présenté en compétition. Il serait intéressant de faire une analyse

linguistique des termes qui sont revenus en boucle sous la plume de ses sectateurs – car ici il y a ceux qui adorent et ceux qui rejettent, pas d’entre-deux. « Body horror frenchie », « déconstruit le male gaze », « tuning organique », « exploration extrême de l’identité queer et de la virilité », « genderfuck cyborgien » (citations prises sur Twitter)… Le décodeur est de mise, en même temps qu’un certain conformisme d’époque.

Par définition, le film de genre est hyper référencé (Cronenberg, Carpenter), ce qui n’est pas un défaut. Titane est-il à prendre -littéralement et dans tous les sens, comme disait quelqu’un qui s’y connaissait en matière de transgression sur le corps ? Je pense à certains auteurs de la Noire, chez Gallimard, qui n’avaient de cesse de vouloir passer dans la Blanche.

A priori premier degré, viscéral, le film appelle la théorie cousue de fil blanc, la quincaillerie sociologico-esthétique pour aller plus loin que son statut initial. Il y concentre pourtant pas mal de naïvetés ou de vieilleries. Comme l’essentialisation du regard, en l’occurrence masculin, ou une vision à peu près gidienne de la famille.

Parfois à la limite du regardable (c’est le jeu des films gore), le film est inécoutable : le pompiérisme de la BO, insupportablement ringarde, est peut-être un hommage à Vincent Lindon, qui y joue le rôle d’un commandant sapeur-pompier. Comme chez son personnage, il y a un peu de gonflette dans tout ça…


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