La Ligue pour la protection des oiseaux tacle vigoureusement Macron

Son « quinquennat est un gâchis », estime l’association d’Allain Bougrain-Dubourg à l’heure du bilan de son action en faveur de la biodiversité.

Claude-Marie Vadrot  • 20 octobre 2021
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La Ligue pour la protection des oiseaux tacle vigoureusement Macron
© Photo : Michel Soudais

Cette association de protection de la nature vient de faire le bilan d’Emmanuel Macron dans le domaine de la protection de la nature et de la gestion de la biodiversité. Et le résultat n’est pas brillant. Il est parfaitement symbolisé par l’attitude bienveillante du gouvernent envers les chasseurs. Ils viennent d’obtenir du gouvernement qu’il contredise le Conseil d’État dans le domaine des chasses dites « traditionnelles », jugées illégales par la plus haute instance administrative mais… rétablies par décret.

D’où le commentaire désabusé émis par le président de la Ligue pour la protection des oiseaux, association qui s’intéresse à tout le vivant sur le territoire métropolitain : « En France, rarement un chef de l’État aura fait autant de passe-droits au monde de la chasse. Et c’est la première fois qu’un président en poste attend la fin de son mandat pour recevoir les grandes associations de protection de la nature. Les régressions environnementales et la limitation des recours, sous prétexte de simplification et de libération des énergies entrepreneuriales, se sont accumulées. Nous regrettons, ajoute Allain Bougrain-Dubourg, que les propositions faites par la Convention citoyenne n’aient pas été écoutées. On se paye notre tête.»

Cette association constate que sur les 33 promesses faites par le gouvernement, seules cinq peuvent être considérées comme ayant été tenues. Et à l’échelle européenne, Emmanuel Macron a laissé passer une occasion historique de réformer en profondeur la PAC en faveur d’une véritable transition agroécologique. Celle-ci est pourtant indispensable pour arrêter l’effondrement de la biodiversité et la destruction de la biodiversité marine décimée par la surexploitation des ressources halieutiques. Sans parler des pollutions qui continuent d’être largement encouragées par les subventions européennes.

Les chiffres accablants régulièrement cités par le milieu associatif ainsi que par les scientifiques et le Muséum national d’histoire naturelle rappellent que la situation des oiseaux, des mammifères et de la micro-faune est de plus en plus inquiétante dans une France dont les sols se dégradent rapidement. Autre remarque de la LPO : les espaces naturels sont de plus en plus dégradés.

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