Selen Peacock : Chansons débridées

Gravitant entre pop et jazz, le groupe français Selen Peacock publie son troisième album, l’étincelant Horizon fondu.

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Lancé en 2013 sous l’impulsion du chanteur et guitariste Johan Saint (également parolier et compositeur), Selen Peacock sillonne la sphère musicale dans l’orbite tutélaire présumée d’Annette Peacock, illustre expérimentatrice états-unienne, et explore un univers fluctuant savamment de la pop au jazz.

À géométrie variable, le groupe prend actuellement la forme d’un quintette à bord duquel, outre Johan Saint, officient Augustin Bette (batterie), Morgane Carnet (saxophone ténor, voix), Martin-Oger Daguerre (saxophone alto, orgue, cloches, voix) et François Le Roux (basse, synthé basse, claviers). Les cinq vivent en région parisienne et participent à divers autres groupes en parallèle, l’ensemble traversant un large spectre de musiques : improvisées, expérimentales, électroniques, du monde…

Ce qui les réunit au sein de Selen Peacock, c’est le désir de conjuguer écriture/composition classique et exploration instrumentale. De fait, la plupart de leurs chansons s’inscrivent dans un format pop (autour de trois minutes) pour mieux le faire voler en éclats de l’intérieur.

Succédant à Elastic Memories (2016) et Grand (2017),tous deux très bons et déjà bien remarqués, leur superbe nouvel album, Horizon fondu, devrait leur permettre de gagner encore en rayonnement. Enregistré en 2020, il sort seulement maintenant, à l’orée du printemps 2022. La parution a dû en effet être repoussée plusieurs fois à cause de la pandémie de covid-19 et du manque cruel de concerts qu’elle a entraîné pendant de longs mois, la possibilité du live étant essentielle pour un groupe indépendant comme celui-ci.

« Au contraire des deux albums précédents, davantage en dents de scie, avec des changements marqués de dynamique, j’avais envie de faire un album très doux, chaleureux, presque moelleux, dont les morceaux forment un continuum, raconte Johan Saint. Je voulais vraiment quelque chose d’agréable à écouter. Je ne pense pas que je pourrais faire la même musique aujourd’hui, avec tout ce qui s’est passé depuis dans le monde. Il y aurait forcément davantage d’aspérités. »

Tel quel, distillant une musique à la fois rêveuse et audacieuse, avec des paroles souvent lunaires, Horizon fondu s’avère très agréable à écouter sans paraître lisse pour autant. Dense et mouvementée, longue de huit minutes, la chanson-titre – qui conclut l’album – laisse entrevoir de belles pistes de recherche pour l’avenir, encore plus stimulantes.

Horizon fondu, (Another Record/L’Autre Distribution), en concert le 13 mai à Montreuil, le 18 mai à Troyes, le 16 juin à Grenoble, selenpeacock.bandcamp.com


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