« Le Club des enfants perdus », l’obsession sexuelle des réacs
Le nouveau roman de Rebecca Lighieri, sélectionné pour le Goncourt des lycéens, est attaqué par l’extrême droite.
dans l’hebdo N° 1836 Acheter ce numéro

© Joël Saget / AFP
L’association zemmouriste SOS Éducation a sorti l’artillerie lourde pour attaquer Le Club des enfants perdus (POL), roman de Rebecca Lighieri, sélectionné pour le Goncourt des lycéens. « [Robin a lu les cinquante premières pages du livre] et n’en est pas sorti indemne. Il a présenté des troubles posttraumatiques après le choc provoqué par [sa lecture] : énurésie, insomnie, somnambulisme, crise d’angoisse et forte anxiété, difficultés à retourner en cours, changement de comportement… », écrit l’association dans une lettre truffée de raccourcis galvaudés, envoyée début octobre à cinq ministres. Si l’extravagance de ces lignes peut prêter à sourire, elle révèle cependant le retour d’une volonté de censure.
SOS Éducation et l’association Juristes pour l’enfance, dont la présidente a milité au sein de la Manif pour tous, dénoncent avant tout un contenu « pornographique ». Pourtant, à l’heure où la pornographie, la vraie, est omniprésente, il apparaît pernicieux de classer ce roman, comportant des passages certes crus, sous la même étiquette.
Pureté artificielleLes verbes choisis par l’autrice permettent de toujours placer l’attention à autrui et le plaisir au centre des scènes sexuelles, au contraire des images disponibles sur internet. Surtout, ces épisodes servent ici un propos
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
« Mouette » : la spéléologie de l’âme
« Je voulais raconter la condition des femmes noires »
Malgré Angoulême, fêter la BD malgré tout