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Publié le 7 décembre 2007

SNCF : foire d'empoigne syndicale

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Quel jeu joue la CGT Cheminots ? C’est la question que l’on peut se poser à la lecture des événements récents narrés dans les colonnes d’une gazette de la fédération SUD-Rail. En effet, d’après la publication de la deuxième organisation syndicale à la SNCF, intitulée « Après la grève » (n° 23), la CGT a invité les fédérations syndicales à une rencontre, jeudi 6 décembre, pour faire le bilan des premières réunions et « envisager un mouvement de grève ». Mais la fédération SUD-Rail raconte qu’elle n’a pas été conviée à cette rencontre, attitude qui n’est pas une première et qui a été aussi adoptée par le ministère du Travail avant la grève reconductible du 14 novembre.

« Des contacts avec des camarades moins sectaires que d’autres, nous ont permis de connaître l’heure, puis le lieu (inhabituel) ; parce que l’unité est primordiale, nous avons prévenu de notre présence », raconte aussi la fédération. Et que se passa-t-il ? « La CGT nous a indiqué et a confirmé à la presse que SUD-Rail n'était pas invité du fait d’avoir déposé des préavis de grève nationaux afin d'informer les agents des négociations en cours. La délégation SUD-Rail a rappelé son engagement de rendre compte des discussions aux cheminot-e-s, puis, la CGT nous redemandant de sortir avec l’acquiescement silencieux de UNSA, CFTC, FO, CGC, nous avons dû quitter la réunion ».

C’est à l’issue de cette rencontre que les fédérations CGT, FO, CFTC, CFE-CGC et les autonomes de l’Unsa ont convenu d’un appel à une grève « carrée » de 24 heures, dont la date devait être arrêtée « lors d’une nouvelle rencontre interfédérale… à laquelle nous ne sommes toujours pas conviés », rapporte la fédération. Peaux de bananes et désaccords ne manquent pas. Le gouvernement peut observer avec satisfaction que la façade unitaire et interfédérale s'est fissuré, pas seulement avec la mise à l'écart de SUD-Rail, malgré les propos rassurant de la CGT. L’intersyndicale se tiendra « au plus tard lundi » 10 décembre, rassure la CGT-Cheminots, ajoutant que « l’unité [entre syndicats], c’est pas toujours facile, il y a besoin d’y travailler ». En invitant ou non SUD-Rail ? On ne sait.

Reste que plusieurs syndicats ont déclaré que la réunion commune n’avait pu être organisée en raison de positions divergentes entre eux. Avec « vingt-quatre heures de grève, les cheminots ne sont pas dupes, ils perdront une journée de salaire » sans rien obtenir, renacle FO. « Notre fédération a proposé un préavis reconductible à l’ensemble des autres organisations syndicales », mais « nous n’avons pas d’accord entre nous », a expliqué Gérard Le Mauff (FO). Alain Pottier (CFTC-cheminots) a quant à lui indiqué que son syndicat n’était « pas d’accord pour une grève reconductible le 12 » décembre.

Le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste, a de son côté affirmé que « le principe est acquis d’une nouvelle étape de grève “carrée” des cheminots pour peser sur la négociation », à l’issue d’une réunion de six syndicats de la SNCF (CGT, FO, Unsa, CFTC, CFDT, CFE-CGC).

Les six fédérations de cheminots ont indiqué vouloir obtenir des « gestes » significatifs du gouvernement sur la décote et l'indexation des pensions sur les prix. Il n’est donc plus question de revenir sur l’allongement de la durée de cotisation à 40 annuités. Les deux points (décote et indexation) devaient être traités le 4 décembre, lors de la dernière séance de négociation tripartite, mais le représentant de l’Etat est resté muet, avoue ces syndicats. « Vu le peu d’avancées sur les mesures devant compenser la réforme, les syndicats réclament également des délais supplémentaires pour négocier alors que la dernière réunion “conclusive” est fixée au 18 décembre par le gouvernement », souligne FO.

La réunion du vendredi 7 décembre, « technique » selon la CFDT, portait sur le minimum de pension, les pensions de réversion et la validation des années d’apprentissage. Ironie du sort, un des représentants du gouvernement, Daniel Bursaux, directeur général de la mer et des transports, a déclaré à la presse que « le processus (de négociations) se passe tout à fait correctement ».


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