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Publié le 2 octobre 2008

Une question à 60 milliards d'euros

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Le Premier ministre ignore-t-il que le financement des PME est assuré par un livret nommé développement durable (LDD), qui n'est pas le Livret A ? On n'ose le croire. D'où l'inquiétude sur le circuit emprunté par l'argent de ces LDD.

Dans une longue interview accordée aux Echos (1er octobre), François Fillon a annoncé qu'il envisageait notamment de "réaffecter" au financement de l'économie une partie du livret A. Prétexte invoqué : donner aux PME une plus grande sécurité en matière de financement. Le Premier ministre a sans doute oublié que le Livret développement durable (ex-codevi) a été créé pour le financement des petites et moyennes entreprises (les PME). D'où la question : que sont devenus les encours du LDD ?

Cette question a été posée jeudi 2 octobre par le collectif "Pas touche au livret A" (www.pastoucheaulivreta.org) et en particulier par le secrétaire CGT du comité de groupe de la Caisse des dépôts et consignations, Jean-Philippe Gasparotto. Le syndicaliste indique que le livret développement durable (LDD), qui a succédé le 1er janvier 2007 au compte pour le développement industriel (Codevi), mobilise des encours d'environ 60 milliards d'euros. "Où sont passé les 60 milliards d'euros ?", interrogent Jean-Philippe Gasparotto et les membres du collectif qui rejettent l'idée de puiser dans la collecte du Livret A pour financer "les errements des banques privées".

Les déclarations de François Fillon ont fait bondir la classe politique à gauche, les organisations actives dans le logement social et les organisations syndicales du secteur bancaire public. Surtout, elle révèle la forte pression exercée par les banques privées françaises qui ont un besoin urgent de liquidités. D'où le mystère qui pèse sur le LDD. Notamment parce que les règles de centralisation des Livret A et des LDD sont différentes.
En ce qui concerne le Livret A, 100 % des encours sont gérés par à la Caisse des dépôts (CDC), autrement dit par le bras financier de l'Etat qui assure également la garantie de ces encours. Mais seulement 9 % (le pourcentage peut varier) des encours sont gérés par la CDC pour ce qui concerne l'ex-Codevi, les banques privées se chargeant du reste. "Au moins la moitié des 60 milliards d'euros ne sont pas utilisés par les entreprises", affirme aussi Jean-Philippe Gasparotto.

Le Premier ministre aurait donc dû s'adresser au secteur bancaire privé pour trouver les "excédent" nécessaires au financement de l'économie. "François Fillon prend un grand risque politique, d'autant plus qu'il ne parle pas du LDD. Nous pensons que les banques ont déjà annexé ces liquidités pour leurs immenses besoins", explique le collectif qui pointe aussi le manque de contrôle et l'opacité dans la gestion des LDD. Une enquête a été demandé par le collectif qui rappelle que la commission de surveillance de la CDC aurait pu jouer son rôle de contrôle, si on lui en avait donné les moyens. Or, le projet de loi de modernisation de l'économie, propose le contraire en privatisant l'épargne populaire des Livret A et donc en réduisant l'activité de contrôle indépendante et prudentielle de la CDC.


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