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Publié le 22 mai 2011
Cannes 2011 : un palmarès pesant, la palme d'or à « The Tree of life » de Terrence Malick

Cannes 2011 : un palmarès pesant, la palme d'or à « The Tree of life » de Terrence Malick

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Illustration - Cannes 2011 : un palmarès pesant, la palme d'or à « The Tree of life » de Terrence Malick

Une édition de bonne tenue, un palmarès sans grande subtilité, qui exclut Habemus papam de Nanni Moretti, le Havre d’Aki Kaurismäki, ou l’Apollonide , de Bertrand Bonello, qui aurait été ma palme d’or. Voilà ce que je retiendrai de ce festival de Cannes 2011, qui n’a pas proposé de chocs véritables (à l’instar d’ Oncle Boonmee l’an dernier) mais dont la sélection ne comportait pas non plus de films qui n’avaient rien à y faire, sauf la Source des femmes , de Radu Mihailianu (contrairement à l’an dernier, qui comptait nombre de vraies purges). Ci-dessous un rapide commentaire prix par prix. Je reviendrai plus longuement sur cette édition et sur ce palmarès dans le numéro de Politis à paraître jeudi.

Palme d’or : The Tree of life de Terrence Malick.

C’est la surprise de la non-surprise ! Cela fait des mois qu’on annonçait qu’elle serait attribuée à Terrence Malick. Le jury présidé par Robert de Niro ne s’est pas rebellé face à ce résultat programmé et a couronné The Tree of life . Déjà en salles, le spectateur peut donc dès maintenant prendre sa place pour ce voyage vers l’origine du monde, ce trip métaphysique ample et un peu toc, cette réflexion sur l’opposition entre « la Nature » et « la Grâce » qui repose davantage sur des certitudes que sur un questionnement.

Grand prix (ex-aequo) : Il était une fois en Anatolie de Nuri Bilge Ceylan ; Le gamin au vélo de Luc et Jean-Pierre Dardenne.

Le choix des Dardenne est incontestable, mais le film se singularise dans le palmarès par sa limpidité et sa nervosité par rapport à d'autres, le Malick, Melancholia de Lars von Trier, ou encore le co-récipiendaire de ce Grand prix, Il était une fois en Anatolie , du Turc Nuri Bilge Ceylan. Un film qui en « impose » par le sens ostensiblement revendiqué du cadre dont il témoigne, par l’absence de concession dans le développement du récit qui se fait par sédimentations d’instants, épiphanies répétitives. L’ensemble est d’une maîtrise un peu tyrannique.

Prix d’interprétation masculine : Jean Dujardin dans The Artist de Michel Hazanavicius.

Sans prétention, d’inspiration moyenne, The Artist est un assez bon divertissement. Sans prétention, d’inspiration moyenne, Jean Dujardin y est un assez bon acteur (mais un lourd danseur). Quant à Michel Piccoli, dans Habemus papam , il a la grâce, seuls les jurés ne s’en sont pas aperçus.

Prix d’interprétation féminine : Kirsten Dunst dans Melancholia de Lars Von Trier.

Une façon de récompenser Melancholia sans avoir besoin du cinéaste danois lors de la cérémonie des récompenses, où il n’aurait pu se rendre, étant « personna non grata ». Kirsten Dunst est une comédienne intéressante, son personnage l’est beaucoup moins.

Prix de la mise en scène : Drive de Nicolas Winding Refn.

Signé par un cinéaste danois à Hollywood, un film noir dont les 20 premières minutes sont effectivement remarquables du point de vue de la mise en scène. Puis, ça baisse, pour se situer au niveau d’un sous Tarantino, ce qui reste honorable, mais déjà vu.

Prix du scénario : Hearat Shulaym (« Notes de bas de page »), de Joseph Cedar.

S’il lui fallait un prix, ce devait être celui-ci. L’idée de base – la rivalité quasi meurtrière entre deux chercheurs sur le Talmud qui se trouvent être un père et un fils – est excellente. Mais le cinéaste israélien ne sait pas faire dans la dentelle avec les moyens que le cinéma lui fournit. Trop d’effets, trop de musique, un film too much .

Prix de Jury : Polisse de Maïwenn le Besco.

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