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Publié le 15 juin 2015
Dangereuse recrudescence de l'agitation guerrière en Europe de l'est

Dangereuse recrudescence de l'agitation guerrière en Europe de l'est

Les métastases du cancer guerrier n'en finissent pas de contaminer le vieux continent européen, avec la reprise des hostilités en Ukraine et une intensification en vue de la présence américaine en Europe de l'est.

Soldats américains en discussion avec des habitants de Bialystok en Pologne

La reprise des hostilités en Ukraine orientale est dûment constatée sur place par les observateurs de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

Selon Alexander Hug, chef adjoint de la mission d'observation, on note une nette concentration d'artillerie lourde, des tirs de roquettes Grad ou autres, une multiplication de mines terrestres de part et d'autre. Et bien inévitablement, des victimes civiles en guise de dommages collatéraux.

Les accords de cessez-le-feu signés à Minsk le 12 février ne sont guère plus qu'un lointain souvenir. Et le gouvernement de Kiev s'est empressé de crier pêle-mêle à l'imminence d'une énième invasion russe et au bombardement par les insurgés russophones de leur propre population.

Dernier point peu crédible selon Alexander Hug, tant les forces rebelles russophones ont un besoin impérieux du soutien de leur population pour espérer tenir. Et d'évoquer en termes à peine voilés l'hypothèse plus vraisemblable d'une offensive des forces gouvernementales pour reprendre des positions perdues dans le Donbass, ou une provocation des milices d'extrême-droite du Secteur droit.

Des chars américains en Europe de l'est ?

Débordant les seules nouvelles demandes d'aide militaire du président ukrainien Petro Porochenko, le Pentagone aurait l'intention, selon le New York Times, de déployer des chars et du matériel lourd pour un contingent de 5 000 soldats dans les ex-pays d'Europe de l'est (Pologne, Roumanie, Bulgarie, États baltes). Objectif visé : dissuader la Russie d'une « possible nouvelle agression en Europe ».

Toujours selon le New York Times, le projet devrait être soumis à l'approbation du Département américain de la Défense et au président Obama avant une réunion de l'OTAN ce mois-ci à Bruxelles.

En attendant le déferlement, encore très hypothétique, des hordes soldatesques de Vladimir Poutine sur l'Europe occidentale, le projet américain, s'il venait à être accepté, serait une première d'importance depuis la fin de la guerre froide contre le bloc soviétique. Le général de Gaulle, qui en son temps pria ses encombrants "libérateurs" d'outre Atlantique de libérer le plancher des vaches françaises, doit se retourner dans sa tombe.

Une "pétition" américaine pour des frappes nucléaires préventives contre la Russie

Les bruits de bottes ne conduisent pas systématiquement à la guerre. Mais toutes les guerres ont commencé par des bruits de bottes et des courses à l'armement. Il suffit, pour que tout bascule dans l'horreur irrationnelle, d'un dérapage paranoïaque de dirigeants d'un vieil empire menacé dans sa suprématie, et du soutien aveugle de foules chloroformées par des années de propagande sur fond de crise économique, financière, politique et morale.

Des preuves de folie sournoise et aveugle ?

-* Retranchés dans leur bunker en état de siège d'Elmau en Allemagne, les membres du G7, dans leur dégoulinade habituelle de bons sentiments « sur la base de nos valeurs et de nos principes communs » , ont bien évidemment assuré le gouvernement ukrainien de leur soutien « technique et financier» . Et une nouvelle fois désigné d'autorité les responsables de la reprise des hostilités dans le Donbass :

« Nous attendons de la Russie qu'elle cesse tout soutien transfrontalier aux forces séparatistes et qu'elle exerce l'influence considérable dont elle dispose sur les séparatistes pour qu'ils honorent totalement les engagements de Minsk. »

-* Pendant ce temps-là, aux États-Unis, le journaliste et activiste Mark Dyce a pu faire signer sans difficultés une (fausse) pétition pour « des frappes nucléaires préventives » de l'Otan contre la Russie.


Photo : AFP/Arthur Reszko

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