blog /

Publié le 13 juillet 2018
Attac fête ses vingt ans à Lille !

Attac fête ses vingt ans à Lille !

CH'ES 20 ANS D'ATTAC DINS CH'NORD

Ça commence bien : à 15 heures ce samedi 16 juin, un flic qui nous surveille annonce à son QG, par talkie-walkie, qu'on est à peine une dizaine. On a même une dame des ex Renseignements généraux à nos basques. Attac ferait-il peur ? Depuis la BNP et Apple, la maréchaussée se méfie. On devine à la liesse qui règne sur les terrasses des bistrots que la France vient de battre l'Australie. 2 à 1, un exploit...

Très vite, on se retrouve à une trentaine devant le Café Citoyen et on joue deux saynètes que quelques militants ont répétées avec le Théâtre de l'Opprimé : une sur le CETA, une autre sur Apple et l'évasion fiscale. Et puis on démarre. On chante à tue-tête des chansons détournées (« Le Ceta du démon », « Savez-vous planquer vos sous ? » et autres « Vive le vent transatlantique) à l'attention des badauds, dans l'espoir qu'ils rejoignent cette déambulation « joyeuse et festive » dans Lille. Mais c'est peine perdue, et on reste entre militants des trois comités locaux, avec quelques sympathisants.

Une bonne surprise avant d'arriver au quartier de Wazemmes, Frank Van De Casteele, l'ex chanteur de Marcel et son Orchestre, groupe local qui a eu son heure de gloire, nous attend dans un square avec quelques musiciens (guitare, accordéon et contrebasse). C'est parti pour un bref tour de chant avec, pour conclure, « Ma môme » de Jean Ferrat que tout le monde reprend en choeur. Cette fois ça y est, on sent qu'on intéresse quelques passants dont certains nous demandent encore « c'est quoi Attac ? ». Et on explique, inlassablement, pour la énième fois. On crie des slogans sur la route, « Arnaud paie tes impôts » ou, plus local, « Mulliez paie tes impôts » alors qu'on stationne devant une supérette Auchan. De grosses fortunes nationales qui ont débuté modestement dans la région lilloise. On s'arrête aussi devant la Société Générale, devant AXA, devant le Crédit Mutuel, avec explications de gravure au public sur l'évasion fiscale ou le démantèlement de la protection sociale. On est pas plus pédagogues.

On arrive enfin au bistrot associatif des Sarrazins, où on rejoue nos deux saynètes avant un cocktail dînatoire où chacun se pose et regarde une expo photo des grands moments de l'association et de ses hauts faits d'arme lillois. Fin de la première journée.

Le dimanche matin, autre mauvaise surprise, les flics municipaux refusent de nous laisser installer nos tréteaux sur le marché de Wazemmes. « Pas d'autorisation !», disent-ils sur un ton rogue. On insiste pas et on va se replier vers le métro Gambetta où on déplie la table avec brochures, tracts, faux billets de 200 milliards d'Euros et bulletins d'adhésion. L'Église de la Très Sainte Consommation et son pap40, entendre pape du CAC40, Alessandro Di Giuseppe, flanqué de ses comparses Brigitte Macaron et Nicolas Mulot, nous fustige comme éternels contempteurs des riches. Eux disent être venus en Falcon depuis leurs résidences lilloises. Ils bénissent le libéralisme et le marché comme ils vomissent les affreux gauchistes d'en face : nous quoi. Une battle, comme on dit maintenant. C'est Jean Gadrey, bien connu des lecteurs de Politis, qui leur donne la réplique avec un court texte désopilant où il fustige les riches défendus par la Sainte-Église et valorise nos actions et nos idées. Jean dit notamment, pour faire pièce à Macron et au « pognon dingue » qu'il déplore devoir donner aux pauvres (qui restent pauvres), que les riches, les 1 % (et certainement moins) bénéficient de 300 milliards d'Euros par an, en France, avec l'évasion fiscale, les allègements fiscaux (flat tax) et les baisses de cotisations. Et ils restent riches. Vive l'entreprise, vive le marché !

On se quitte heureux d'avoir pu faire tout ça, en regrettant de n'avoir pu entraîner plus de monde avec nous. 20 ans et encore de l'énergie pour porter des idées de justice sociale et écologique. 20 ans et tout notre mordant. En route pour le trentième anniversaire ! Et, pour deux d'entre nous, en route pour Roubaix pour être présents à un débat sur le thème « crises financières, crises bancaires », dans le cadre de Roubaix En Transition. Le devoir après la fête.

Didier Delinotte


Haut de page

Voir aussi

Articles récents