Jean-Paul Roussillon

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Le cinéma a juste capté l’exceptionnel talent de Jean-Paul Roussillon, mort cet été. Il a tenu à l’écran de beaux petits rôles, comme dans On connaît la chanson de Resnais, et pu incarner de vrais personnages, comme dans Mischka, de Jean-François Stévenin. Mais, surtout, il aura été l’un des plus grands acteurs français grâce à sa présence constante sur la scène, depuis ses débuts au Français dans des rôles d’arlequin jusqu’à l’ultime interprétation du domestique de la Cerisaie de Tchekhov sous la direction d’Alain Françon à la Colline, au mois de mai. Il était pratiquement né à la Comédie-Française puisque son père y exerçait la profession de souffleur et de directeur technique. Le trou du souffleur, le théâtre vu du sol, cela vous forge un comédien ! Avec la modestie de l’artisan, il donna un poids charnel, sanguin, terrien aux rôles classiques et contemporains, passant de Molière – dont il renouvela la mise en scène de ses pièces, en dégageant une noirceur qu’on n’avait pas osé affronter avant lui – à Grumberg, Keene, Vinaver, Bond… Avec ce plébéien de haute pensée, le théâtre ne fut jamais ni mondain ni abstrait.


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