« Aidons l’argent » à fuir les paradis fiscaux

À une semaine du G20 de Cannes, où Politis sera présent, le CCFD-Terre solidaire mettait ce jeudi un point final à sa campagne contre les paradis fiscaux. Reportage.

Erwan Manac'h  • 28 octobre 2011
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« Aidons l’argent » à fuir les paradis fiscaux

Au terme de 16 mois de mobilisation contre les paradis fiscaux, le CCFD-Terre solidaire a remis symboliquement au chef de l’État les 475 524 cartes postales collectées via l’appel « aidons l’argent » à sortir des paradis fiscaux.

Selon le CCFD, 800 milliards d’euros s’évadent chaque année des pays en développement. Le manque à gagner annuel pour ces pays est chiffré à 125 milliards.

Sur la place du Palais-Royal à Paris, jeudi 27 novembre, 400 personnes masquées se sont couchées sur le sol pour donner un retentissement médiatique à la campagne de l’organisation, une semaine avant un G20 crucial à Cannes.

En France, les fuites de capitaux représentent 40 milliards d’euros, contre 250 milliards en Europe. Et la Suisse est à l’offensive pour défendre le statu quo  : elle a conclu cet été avec l’Allemagne et l’Angleterre les « accords rubik » qui lui permettent de garder secrète l’identité des détenteurs de comptes dans ses banques. En échange la Suisse s’engage à verser à l’Allemagne et à la Grande-Bretagne une somme d’argent issue d’un impôt forfaitaire, qu’elle perçoit elle-même en toute opacité, sur les placements des ressortissants de ces deux pays.

Mathilde Dupré, chargée de mission sur les questions fiscales au CCFD-Terre solidaire.

« Ces accords sont très dangereux, ils remettent complètement en cause le principe d’échange d’informations entre les États. L’Allemagne et la Grande-Bretagne abandonnent tout moyen de vérifier si ce que leur verse la Suisse correspond effectivement aux fonds qui sont présents dans les banques suisses. Heureusement, ces accords viennent d’être condamnés par l’Union européenne *, alors que la France, l’Italie, la Belgique sont démarchés par la Suisse à leur tour. »*

Sur cette question comme sur beaucoup d’autres, les organisations devraient être massivement mobilisées, du 1er au 4 novembre prochain, à l’occasion du contre-G20 organisé à Nice, où Politis sera présent.

Économie
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