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dans l’hebdo N° 1187 Acheter ce numéro
Disons-le sans ambages et sans réserves : pour un beau discours, ce fut un beau discours ! C’est avec mention que François Hollande a réussi dimanche son examen d’entrée en campagne. Ceux qui aiment l’art oratoire auront goûté cette rhétorique, certes un peu désuète, mais finement travaillée. Ils auront apprécié ce respect très classique des lois du genre, ce souffle sans trop d’emphase, cet équilibre jamais mièvre. On aurait dit du Mélenchon…
Il ne s’agit pas ici de savoir si le candidat y croit – il semblait y croire et il a sans doute emporté l’adhésion de son auditoire bien au-delà de la halle du Bourget. Sa sincérité, et même son authenticité, dans l’évocation des origines conservatrices de sa famille, de son rapport au pouvoir ( « je ne suis pas vorace » ), de sa philosophie personnelle ( « j’aime les gens, pas l’argent » ), ont souvent fait mouche. Mais son discours a surtout été habile. Quoi que l’on ne sache plus depuis Mitterrand si l’habileté est un vice ou une vertu. Acceptons-en ici encore l’ambiguïté. Habile, donc, dans l’évocation de ses adversaires, reconnaissables et pourtant
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