À Lille pour Sarkozy, « le travail c’est la vie »

Opposition entre la France qui travail et l’« assistanat », mise au pas des chômeurs, fausse condamnation des excès de la finance comme en 2007 : à Lille, Nicolas Sarkozy a revisité les grands fondamentaux de la droite.

Xavier Frison  • 24 février 2012
Partager :
À Lille pour Sarkozy, « le travail c’est la vie »
© Photo : DENIS CHARLET / AFP

Illustration - À Lille pour Sarkozy, « le travail c'est la vie »

Après la France, le travail. Pour son troisième meeting, à Lille, Nicolas Sarkozy a poursuivi sa campagne comme il l’a commencée, bien calé sur sa droite. En ce 24 février, le président-candidat est venu « parler à la France qui travaille » , et encenser cette « valeur cardinale de la République française » . Face à la « France qui veut vivre de son travail » , la « communauté humaine » de l’entreprise, Nicolas Sarkozy fustige ces inactifs qui se vautrent dans « l’assistanat » . Le chômage peut bien exploser tous les plafonds et le travail manquer pour tous, par la faute d’une économie laissée aux mains du libéralisme le plus débridé, qu’importe : «  Il ne faut pas travailler moins, il faut travailler davantage » , répètera deux fois le candidat de l’UMP. Et gare aux oisifs : Nicolas Sarkozy ne veut pas que « celui qui bénéficie de la solidarité abuse de la situation » . Sans parler des habitants de ces maudits « quartiers » , où « c’est plus facile de gagner sa vie en trafiquant » .

La salle, garnie comme à Marseille des seuls drapeaux bleu-blanc-rouge, gronde d’aise. Les longues diatribes sur la « moralisation du capitalisme financier » , la suppression nécessaire des retraites chapeau et des parachutes dorés ont beaucoup moins de succès. Parce que l’assistance se sent directement concernée, ou parce que ce noble projet resté lettre morte était déjà dans les cartons dès 2007, puis encore en 2008 ?

Jamais oubliée, en revanche, la stigmatisation des chômeurs et leur mise au pas est au coeur du discours. Pour eux, Nioclas Sarkozy réserve sept heures « d’activité d’intérêt général » obligatoire par semaine, rajoutant deux heures à la proposition du courant « Droite sociale » de Laurent Wauquiez. Quant au maintien du RSA, il serait conditionné à une évaluation périodique, tous les 18 mois, des efforts entrepris par le bénéficiaire pour retrouver un emploi. Enfin, chômeurs, « on doit accepter l’emploi que l’on vous propose » , quel qu’il soit, où qu’il soit. Tonnerre d’applaudissements dans la salle.

Après le déroulé des autres propositions déjà formulées sur le plateau du 20h de France 2 ce mercredi, de nombreuses piques contre François Hollande et les trois sempiternels exemples de Alstom, Photowatt et Lejaby pour tous succès de la sauvegarde de l’industrie française, Nicolas Sarkozy s’en est allé comme à Marseille, en implorant l’aide de ses troupes : « Aidez-moi à construire une France plus forte. J’ai besoin de vous, j’ai besoin de votre énergie. Aidez-moi ! »

Politique
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses
Direct 19 février 2026

Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses

Après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, suite à une rixe avec des antifascistes à Lyon le 14 février, posez vos questions à la rédaction de Politis. Instrumentalisation de l’extrême droite, isolement de la France insoumise, banalisation du fascisme : les réactions après « l’homicide volontaire », selon les termes du procureur de Lyon, ont souligné un véritable séisme politique.
Par Politis
« Les groupes antifascistes se sont toujours constitués en réaction à la violence de l’extrême droite »
Entretien 19 février 2026 abonné·es

« Les groupes antifascistes se sont toujours constitués en réaction à la violence de l’extrême droite »

Un militant du collectif antifasciste La Horde analyse la manière dont les groupes qui luttent contre l’extrême droite sont désignés comme des ennemis de l’intérieur, alors que des personnes militant à la Jeune Garde ont été interpellées suite à la mort de Quentin Deranque.
Par Olivier Doubre
Municipales : à Vaulx-en-Velin, l’union de la gauche peut attendre
Reportage 18 février 2026 abonné·es

Municipales : à Vaulx-en-Velin, l’union de la gauche peut attendre

Plus que jamais, le torchon brûle dans cette grosse ville populaire de l’est lyonnais. Le PS et LFI s’y écharpent autour des élections municipales, entraînant les écolos et les communistes dans leur sillage.
Par Oriane Mollaret
Municipales : à Strasbourg, Jeanne Barseghian à l’épreuve de la guerre des gauches
Reportage 18 février 2026

Municipales : à Strasbourg, Jeanne Barseghian à l’épreuve de la guerre des gauches

Élue en 2020 à la tête de la mairie de Strasbourg, l’écologiste doit faire face à la concurrence de deux autres listes de gauche, une insoumise et une socialiste. Cette dernière, menée par l’ancienne maire de la ville Catherine Trautmann, compte bien refermer la parenthèse verte dans la capitale alsacienne.
Par Noé Megel