Des singes sur le front radioactif

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Dernière trouvaille au pays de l’électronique et de la robotisation, pour évaluer la répartition de la radioactivité sur une zone d’au moins 3 000 km2 autour de Fukushima : envoyer des singes et des sangliers cartographier l’intensité de la contamination des sols et de la végétation, que les spécialistes n’ont toujours pas réussi à établir avec suffisamment de finesse. Un rapport publié la semaine dernière par le ministère de l’Environnement confirme de très forts niveaux de pollution par endroits, avec des doses annuelles potentielles de l’ordre de 500 fois la norme habituelle, et des variations considérables sur une même commune.
Équipés d’un compteur Geiger et d’un GPS miniature, une centaine de macaques du Japon seront lâchés dans la campagne japonaise la première semaine de mars. Espèce la plus septentrionale du monde, capable de vivre dans des conditions difficiles, notamment dans la neige, ces animaux, mesurant un mètre et pesant une quinzaine de kilos, ne sont pas plus résistants que d’autres à la radioactivité a priori. Pas plus que les « sangliers cobayes » qui les seconderont dans les zones autrefois cultivées.

La même opération a déjà été tentée à la fin de l’automne 2011 : pour des raisons non élucidées, peut-être parce qu’ils sont morts rapidement, les animaux détecteurs ont tous disparu avec leurs engins. Des équipes ont été envoyées dans plusieurs régions, notamment dans la zone de sports d’hiver de Shiga Kogen, pour capturer d’autres singes et les dresser. À Tchernobyl, cette difficile prospection avait été effectuée par des hommes en combinaison spéciale et des robots télécommandés…

Outre la question du choix de sacrifier des animaux, d’autres problèmes se posent, qui ne sont pas résolus par les autorités japonaises. Entre autres : le macaque du Japon est une espèce très grégaire, et il est probable que les singes vont se regrouper dans les zones thermales pour se réchauffer.


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