La mascarade de Tarnac

Après trois ans d’enquête, David Dufresne revient dans un essai captivant sur cette ubuesque affaire de « terrorisme » qui en dit long sur la France de Sarkozy et le rôle joué par la presse.

Ingrid Merckx  • 15 mars 2012 abonné·es

Pendant trois ans, David Dufresnes, journaliste indépendant, passé par Libé et Mediapart, a épluché des ­procès-verbaux. Il s’est imprégné de l’atmosphère du plateau de Millevaches et a écumé les routes de campagne et les cafés pour rencontrer les protagonistes de « l’affaire Tarnac ».

Trois ans pour faire la lumière sur « ce quelque chose qui a ripé dans la France sarkozyenne de la fin des années 2000 » , et qui continue d’inquiéter une dizaine de personnes, leur entourage, leurs voisins, jusqu’à leurs copains éloignés, sans qu’aucune pièce du dossier ne vienne le justifier. Juste un soupçon, un délit de « sale politique » , le profil idéal pour un pouvoir trop content de distinguer un ennemi intérieur qui, pour une fois, ne serait pas bronzé. « Ça nous changeait des islamos » , glissera un flic.

« Ce “quelque chose”, c’était la conjonction du politique, du renseignement, de l’antiterrorisme, de la justice et des journalistes, précise David Dufresne. […] Où s’arrête le terrorisme ? Où commence son instrumentalisation ? » Julien Coupat et les autres lui ont donné du fil à retordre : pourquoi cette enquête sur cette bande soupçonnée d’avoir

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Police / Justice
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Face aux lycéens, une chaîne pénale au service du maintien de l’ordre
Enquête • 7 octobre 2026 libéré

Face aux lycéens, une chaîne pénale au service du maintien de l’ordre

Entre le 28 septembre et le 5 octobre, plus de 5 000 personnes ont été placées en garde à vue. Parmi elles, 85 % de mineurs. Une répression inédite faisant suite à des consignes ministérielles.
Par Pauline Migevant et Céline Martelet
Procès des « passeurs » : des hommes accusés d’avoir hébergé des victimes quelques jours avant le naufrage meurtrier
Récit • 21 septembre 2026

Procès des « passeurs » : des hommes accusés d’avoir hébergé des victimes quelques jours avant le naufrage meurtrier

Les auditions dans le procès dit des « passeurs » se sont clôturées sur les dépositions de Zar Mohamad S. et Shahed M. Selon l’accusation, les deux amis auraient chacun hébergé au moins une des 31 victimes avant le naufrage. L’un réfute, l’autre reconnaît. Tous deux pensaient « rendre service à un ami ».
Par Pauline Migevant
Portfolio : « Non au permis de tuer », les familles de victimes en tête du cortège à Paris
Manifestation • 21 septembre 2026

Portfolio : « Non au permis de tuer », les familles de victimes en tête du cortège à Paris

Des familles de victimes aux associations de défense des droits, en passant par les syndicats et les partis de gauche, le 20 septembre a rassemblé à Paris – et dans de nombreuses villes françaises – un front large contre la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre. Dans le cortège, les visages, les noms et les slogans ont rappelé que derrière la bataille législative se joue aussi une lutte plus ancienne.
Par Maxime Sirvins
Naufrage dans la Manche : des petites mains du réseau expliquent avoir voulu passer en Angleterre
Justice • 18 septembre 2026 abonné·es

Naufrage dans la Manche : des petites mains du réseau expliquent avoir voulu passer en Angleterre

Le procès des passeurs présumés, suite au naufrage ayant tué 31 personnes dans la Manche, a commencé le 8 septembre. Parmi les 14 prévenus, certains assurent avoir travaillé pour les filières afin d’assurer leur propre passage vers les îles britanniques.
Par Pauline Migevant