Clément Méric, lui-même (À flux détendu)

Au lendemain de la mort de Clément Méric, Libération a publié une photographie émouvante du jeune homme sur sa une.

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Au lendemain de la mort de Clément Méric, Libération a publié une photographie du jeune homme sur sa une. Inutile de dire à quel point celle-ci est émouvante. On y voit toute la juvénilité et l’aspect gracile du garçon assassiné par des militants d’extrême droite. Cette photo, je l’ai regardée longtemps, mes yeux n’arrivaient pas à s’en détacher. Parce qu’elle est plus encore qu’émouvante. Elle témoigne de ce qui lui a été sauvagement arraché. Elle dit la vie qui était en lui. Sans doute cela tient-il aux circonstances de la prise de vue.

Le quotidien explique que le photographe, Vincent NGuyen, de l’agence Riva-press, s’était rendu en novembre dernier à Sciences-Po Paris pour accomplir un reportage sur les remous entourant la succession de Richard Descoings. Le photographe prenait donc des photos de groupes, d’assemblées générales, sans isoler un étudiant en particulier. Clément Méric, qui y étudiait et y militait avec ses camarades de Solidaires, s’est ainsi retrouvé dans son cadre. C’est une de ces photos que Libération a utilisée. Mais, précisément parce que Clément Méric n’en était pas le sujet unique, elle a dû être recadrée et un effet de zoom a été réalisé sur le visage du garçon. D’où ce gros grain de la photo qui la rend particulièrement vibrante, ce côté pris sur le vif. Le vif…

En voyant ce visage, ce regard, on imagine combien de réflexions sur l’existence, de colères contre les injustices et les humiliations, de rêves pour les autres et pour lui-même devaient traverser le jeune homme. Il y a derrière ces yeux, ce front, tout un monde qui bouge. Dès lors, les pauvres mots du journalisme ordinaire l’assignant à un état, une expression –  « militant d’extrême gauche »  – résonnent comme une langue creuse. Cette photo rend Clément Méric à lui-même : irréductible.


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