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En finir avec les idées fausses sur les pauvres

ATD Quart Monde publie un ouvrage outil et manifeste : En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté . À lire en particulier ce 17 octobre, journée mondiale contre la misère.

En France, le seuil de pauvreté se trouve à 964 euros mensuels. 14 % de la population sont en situation de pauvreté (moins de 964 euros), 7,8 % en grande pauvreté (moins de 803 euros) et 3,8 % en très grande pauvreté (moins de 642 euros, chiffres 2010).

Il faut également distinguer la pauvreté monétaire de la pauvreté en conditions de vie et réaliser que les indicateurs européens peuvent amener la France à se situer dans les bons ou mauvais élèves de l'Union. C'est l'un des premiers enseignements de l'ouvrage En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté , que publie ATD Quart Monde.

Ce 17 octobre, journée mondiale contre la misère, le mouvement bat en brèche un certain nombre de stéréotypes :

– Oui, le système de protection sociale atténue les impacts de la pauvreté.

– Non, elle n'est pas moins grave en France.

– Oui la misère coûte cher à tout le monde : les conséquences de la pauvreté coûtent même beaucoup plus cher que les programme de lutte contre la pauvreté.

– Non, les gens qui vivent à la rue ne l'ont pas choisi, mais ils peuvent dire qu'ils l'ont choisi pour se montrer acteurs de leur destin et parce qu'ils ne voient pas d'alternative.

– Si, les sans-abri veulent travailler : en 2001, 36 % étaient en recherche d'emploi.

– Non, la pauvreté ne peut pas arriver à tout le monde : elle résulte d'un cumul de difficultés (rupture familiale, licenciements, placements dans l'enfance). En revanche, la peur de se retrouver sans domicile est très répandue.

– Non, les sans-abri ne sont pas le plus souvent des personnes isolées : à Paris, les familles représentent la moitié des sans-abri hébergés au 115.

– Non, les pauvres ne font pas des enfants pour toucher les aides : malgré les aides, choisir d'avoir des enfants, c'est choisir de vivre avec moins d'argent par personne.

– Non, les pauvres ne profitent pas des aides : le taux de non-recours atteint 50 % pour le RSA, 29 % pour la CMU complémentaire, 62 % pour le tarif spécial solidarité d'EDF, 50 à 70 % pour les tarifs sociaux dans les transports urbains.

-Non, on ne gagne pas plus avec le RSA qu'avec le Smic : les familles qui galèrent avec le Smic galèrent encore plus avec le RSA.

– Oui, les pauvres peuvent posséder un téléphone portable et un écran plat : mais ce ne sont pas des indicateurs de richesse, contrairement au fait de posséder une voiture ou de manger de la viande, par exemple.

– Non, les bénéficiaires de la CMU n'en profitent pas pour faire des soins de confort : leur consommation de soins est légèrement supérieure à la moyenne mais leur état de santé moins bon.

– Si, les pauvres paient des impôts : ils échappent à l'impôt sur le revenu mais paient la TVA et les taxes sur les alcools et le tabac.

– Non, éradiquer la misère n'est pas un rêve inaccessible : maintenir tous les citoyens au-dessus du seuil de pauvreté coûterait 20 milliards d'euros.

Chacune des 88 réponses de cet ouvrage est appuyée sur une ou plusieurs études recensées par ATD. En introduction, Marie-France Zimmer – membre de la délégation nationale du mouvement et coauteur avec Jean-Christophe Sarrot et Bruno Tardieu – explique comment ce livre peut servir d'outil pour appuyer des arguments.


« Par exemple, beaucoup de gens croient que le montant du RSA est plus proche de celui du Smic, que l'on peut cumuler le RSA et les allocations familiales. Beaucoup sont même persuadés qu'avec le RSA on touche plus qu'avec le Smic. Aujourd'hui, je peux prouver ce que je dis. »

En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, Jean-Christophe Sarrot, Bruno Tardieu, Marie-France Zilmmer, ATD Quart-Monde et les éditions de l'Atelier, 184 p., 5 euros. *


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