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Rimbaud, la Commune de Paris et l’invention de l’histoire spatiale

Kristin Ross, traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Vivier, éd. Les Prairies ordinaires, coll. « Singulières modernités », 240 p., 19 euros.

Enseignante états-unienne en littérature comparée, passionnée par la France, Kristin Ross est surtout connue chez nous pour ses travaux sur l’héritage de la guerre d’Algérie et de Mai 68 dans la société française. Écrit dans les années 1980, ce livre (enfin traduit), influencé par la pensée d’Henri Lefebvre et les études textuelles post-structuralistes, analyse les correspondances ou la « parenté » entre deux événements, l’un poétique (Rimbaud), l’autre politique (la Commune de 1871). Moment de transgression contre les hiérarchies sociales et spatiales de la capitale, la Commune bouleverse aussi la sphère culturelle, dont Rimbaud fut sans doute l’un des principaux défricheurs. Un ouvrage majeur qui relie « l’histoire spatiale » du Paris insurgé et les « innovations poétiques et linguistiques » révolutionnaires de l’œuvre rimbaldienne.

L’Âme humaine sous le socialisme

Oscar Wilde, traduit de l’anglais par Albert Savine, préface de François L’Yonnet, L’Herne, coll. « Carnets », 104 p., 7,50 euros.

Petit texte atypique dans l’œuvre du grand romancier britannique, plus connu – et condamné par les tribunaux de l’Angleterre victorienne – pour son orientation sexuelle « invertie », selon le terme de l’époque, cet ouvrage montre un tout autre Oscar Wilde, au fait des questions politiques et sociales de son temps. Il interroge les conséquences qu’aurait l’instauration du socialisme sur « l’épanouissement de l’individu », dont il défend la primauté tout en condamnant la propriété privée et, plus largement, l’aliénation du peuple qu’elle induit. Un texte étonnamment actuel, qui affirme en outre le « caractère révolutionnaire » de la création artistique.

Souvenirs d’un révolutionnaire

De juin 1848 à la Commune

Gustave Lefrançais, préface de Daniel Bensaïd, La Fabrique, 512 p., 27 euros.

La Fabrique continue son travail de publication de témoignages de militants révolutionnaires du XIXe siècle, avec aujourd’hui Gustave Lefrançais. « Moins célèbre que Varlin, Vallès, Flourens ou Rossel, il fut pourtant le premier président de la Commune de Paris et, tout Lefrançais qu’il fût, Eugène Pottier lui dédia l’Internationale  », soulignait Daniel Bensaïd dans sa belle préface, avant de conclure : « À mille lieues d’une gauche servile aux possédants, de ses reniements et de ses renégations, de ses révérences et de ses génuflexions ; avec Lefrançais, on est en bonne compagnie. » Ces souvenirs, dans un style hardi et jouissif, donnent à penser les grandes heures du Paris insurgé contre la calotte et la réaction… Une merveille qui fait du bien !


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