Sous l’aéroport, fermente l’utopie
Convaincus que le projet de Vinci est compromis, les opposants, rassemblés les 5 et 6 juillet, revendiquent la jouissance des terrains pour y ancrer leurs pratiques alternatives.
dans l’hebdo N° 1311 Acheter ce numéro

Souvent, il pleut à Notre-Dame-des-Landes lors du vaste rassemblement estival des opposants au projet d’aéroport. Ce fut le cas cette année. Mais pas de quoi troubler les habitants du bocage, passés maîtres dans la gestion des trombes d’eau, des champs de boue et des foules. Fin de semaine dernière, quelque 22 000 sympathisants de tous âges et venus de la France entière ont convergé vers la ferme de Bellevue. Dans cette campagne au nord de Nantes, au cœur de la « zone d’aménagement différée » (ZAD), sur environ 1 500 hectares « gelés » pour le compte de Vinci, le concessionnaire choisi pour l’aéroport, et rebaptisée « zone à défendre » par des centaines d’occupants illégaux depuis 2008. Huit caravanes de marcheurs, partis d’autant de lieux de résistance en France, ont afflué vers ce point de ralliement des luttes contre les « grands projets imposés et inutiles ».
Cette année, la vindicte anti-Vinci est un peu passée d’actualité sous les chapiteaux de Notre-Dame-des-Landes. En bottes ou pieds nus, on discute maraîchage bio, labour animal, cultures collectives, distribution de légumes sur des « non-marchés à prix libres », constructions « en dur », autogestion. Spectaculaire retournement : en juillet 2013, la ZAD résonnait d’exhortations à la résistance. Le péril s’était confirmé
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