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Assises du journalisme: la «presse pas pareille» réagit

Ces 16, 17 et 18 octobre, Metz organise les 8es Assises internationales du journalisme et de l’information, sur le thème de la responsabilité. L’occasion de donner la voix à deux titres de « la presse pas pareille », le Ravi et Zélium .

Tous responsables, mais pas tous coupables

Par Michel Gairaud, rédacteur en chef du mensuel le Ravi

Illustration - Assises du journalisme: la «presse pas pareille» réagit C’est l’éternelle histoire de l’œuf et la poule. La presse va mal, aussi mal que se porte le fonctionnement de la vie démocratique, de nos institutions politiques et des partis. Les électeurs délaissent les urnes et les lecteurs prêts à payer pour s’informer se font de plus en plus rares. Mais au même moment, l’extrême droite mobilise à plein ses troupes dans les urnes et les chaînes d’information en continu battent sur la TNT des records d’audience…
Est-ce parce que notre système politique est en état de recomposition avancée (cf enquête du mensuel le Ravi ce mois d’octobre : http://www.leravi.org/spip.php?article1864) que les journalistes qui témoignent de la situation en pâtissent en retour ? Les médias ne seraient-ils pas plutôt avant tout responsables d’un climat de défiance et de désenchantement, mis en musique sur le refrain du « tous pourris » et scénarisé selon les règles de l’info-spectacle, qu’ils contribuent activement à alimenter ?

Illustration - Assises du journalisme: la «presse pas pareille» réagit « Responsables les journalistes ? » , s’interroge à juste titre la profession réunie ces jours-ci à Metz, pour les 8es Assises internationales du journalisme et de l’information. La question est pertinente. Pour tenter d’y répondre, il faut d’emblée apporter une précision : la grande famille du journalisme n’existe pas. La responsabilité de ceux qui possèdent les autoroutes de l’information, qui déversent sur tous les supports leurs contenus uniformisés, n’est pas la même que celle des journalistes précarisés qui bataillent, souvent sur des chemins de traverse, pour faire vivre le droit d’informer et d’être informé.

Prenons un seul exemple qui fait débat. Les journalistes sont-ils responsables de la montée du Front national ? Sans aucun doute oui lorsqu’ils font audience de la démagogie xénophobe de Marine Le Pen, tour à tour banalisée ou maladroitement diabolisée. Sans aucun doute non lorsqu’ils enquêtent sur le système FN, le pseudo parti « anti-système », qu’ils analysent ses fondamentaux idéologiques, qu’ils décryptent la progression de l’extrême droite avec les reculs des autres formations politiques...

Illustration - Assises du journalisme: la «presse pas pareille» réagit Responsable les journalistes doivent l’être , comme tous ceux qui estiment qu’une presse offensive est nécessaire pour remonter la pente alors que notre capacité à faire « société », à faire ensemble « politique », est au plus bas. Dans le manifeste pour un mensuel pas pareil , lancé par le Ravi (http://www.leravi.org/spip.php?article1845), journal qui bataille depuis onze ans en Provence-Alpes-Côte d’Azur afin de faire vivre un régional différent, nous rappelons quelques engagements que la profession devrait veiller à toujours respecter : privilégier l’enquête, se fixer un devoir permanent d’irrévérence, prendre le temps de ne pas se presser pour assurer son droit à la p(a)resse…

Le Ravi, déjà membre de la coordination nationale des médias libres et de résistance, vient de créer, avec d’autres, l’association Médias citoyens Paca, regroupant la « presse pas pareille » de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, des télévisions participatives, des radios associatives... Les journalistes qui travaillent dans ces médias indépendants, qui n’appartiennent pas à des industriels du BTP, de l’armement ou de la téléphonie, s’investissent souvent dans des actions d’éducation populaire et des projets participatifs. Ce n’est pas un hasard. Pour nous, être journaliste responsable, c’est aussi faire entendre une autre expertise citoyenne, celle qui existe dans les quartiers populaires par d’autres stigmatisés…

M. G.

Presse libre ou libérale ? Choisis ton camp

Par l'équipage du Zélium

La presse boit la tasse, les canards boitent, les chiens aboient et les charrettes s’amassent. Les journalistes broient du noir, et le capitalisme broie tout court. Tout ça, c'est connu. Parler du « marché de la presse en crise » , c'est même devenu un marronnier dans les journaux, dont les rubriques « média » tiennent au courant sur les dégringolades des concurrents, les embrouilles des hiérarchies des titres rivaux, les effectifs qu'on vire et les projets qui foirent. Pour savoir l'état de chaque malade, il est conseillé d'aller puiser des infos chez le voisin.

Illustration - Assises du journalisme: la «presse pas pareille» réagit Reste la presse foutraque faite par des foutriquets. Sans modèle économique, sans marketing analytique ni stratégie proactive, sans efforts de benchmarking, ni effets de branding, sans président du directoire ni chef de la publicité. Et le plus souvent sans force de vente. Au mieux une farce de vente, des petits bras musclés au kébab du coin et un enthousiasme nourri aux packs de bière entrée de gamme. Ces gens-là s'amusent, bouclent des enquêtes en les truffant de dessins impertinents. C'est une presse narquoise, qui nargue les fachos, fait des pieds de nez aux greenwasheurs, tire la langue aux patrons et aux curés, sauf aux défroqués, qui sont toujours un peu plus rigolos. Elle en voudrait même au bien fondé du service public de la police, pourtant si dévoué pour servir les citoyens et la patrie.
Aussi incroyable que ça puisse paraître, cette presse ignore les reportages sur les bienfaits tendances des micro-capsules hydratantes régénérantes dernier cri contre le vieillissement de la peau du genou. Elle se tape des vertus de l'adultère pour doper les ventes estivales. Elle se contrefout des palmarès exclusifs d'hôpitaux ou d'écoles de management. On se demande ce qui l'intéresse, cette petite presse malingre mais têtue. Il se dit même que ces initiatives n'ont aucun lien avec la haute finance, la basse ou la moyenne, qu'on n'y garde même pas une place au chaud pour accueillir, au cas z'où, un pauvre petit marchand de matériel de guerre en mal d'investissement défiscalisé.

C'est ce qui fait tourner Zélium , frêle esquif battant pavillon noir. Un vilain petit canard « associatif » , sans budget piges qui exploite ses contributeurs-qui-le-veulent-bien. Un journal rayé de la carte des subventions publiques 1, les fameuses « aides de l’État à la presse écrite » qui représentent près de 700 millions d'euros par an, et qui se tourne vers la générosité de ses lecteurs 2 pour espérer squatter les kiosques et narguer Closer et Télé Z pendant quelques mois. C'est à se demander pourquoi des miséreux qui ne sont même pas payés pour leurs proses ou leurs dessins s'obstinent à fabriquer ces journaux aussi peu palpitants. Ces gens-là ne croient à rien. Ils sont désespérants, à tenir à bout de bras une presse sans ambition.

A noter : Michel Gairaud intervient dans la table ronde « la force du journalisme de proximité face aux préjugés et aux stéréotypes » aux Assises internationales du journalisme et de l’information à Metz, ce vendredi 17 octobre à 15H15, Arsenal de Metz.

Illustration - Assises du journalisme: la «presse pas pareille» réagit


  1. Ah si ! L'association éditrice Jack is on the road** bénéficie de quatre emplois « subventionnés » (Contrat d'Accompagnement dans l'Emploi, CDD à temps partiel financés par l’État). Assistés ! 

  2. La campagne de souscription sur Ulule pour le retour de Zélium en kiosque se conclut le 26 octobre : www.ulule.com/zelium. Objectif 8500 €. Une misère ! 


Photo : BERTRAND GUAY / AFP

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