Dossier : Quel plan B pour changer l'Europe ?

Quel plan B pour changer l’Europe ?

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Ceux qui, à gauche, se demandaient, il y a quelques mois encore, s’il était possible de conduire une authentique politique de gauche dans le cadre européen connaissent désormais la réponse. En imposant à la Grèce un troisième mémorandum qui en fait un protectorat de l’Eurogroupe, au mépris de la démocratie, les dirigeants européens leur ont clairement répondu. Et cette réponse oblige les forces de transformation sociale et écologique à des révisions délicates, sinon déchirantes. Car, au-delà des erreurs que le gouvernement grec a pu commettre dans les « négociations », son échec est d’abord celui d’une ligne politique très répandue au sein des forces politiques qui œuvrent à la gauche de la social-démocratie.

L’idée qu’il était possible de réformer l’Union européenne, même radicalement, par un dialogue raisonné avec les autres pays européens. Comme toutes les illusions, ce rêve continuera d’avoir ses disciples. Mais au moins sait-on désormais qu’il s’agit d’une chimère. D’où cette interrogation : quel « Plan B », s’il en existe un ?

Pour l’heure, le constat grossit les rangs des partisans d’une sortie de l’euro. Frédéric Lordon défend cette thèse dans les pages qui suivent. D’autres rejettent cette position parce qu’ils estiment que, face à un capital globalisé, l’Europe est l’espace économique et politique indispensable à tout projet progressiste. Ce qui ne dit évidemment rien de la solution alternative qu’ils proposent pour sortir d’une logique « ordolibérale » inspirée par l’Allemagne. Les pistes ne manquent pas. Dans ce dossier, l’économiste Jérôme Gleizes suggère, dans le cas de la Grèce, la création d’une monnaie complémentaire à l’euro. Mais, comme il l’indique, la solution durable est politique. Elle réside assurément dans la recherche d’un nouveau rapport de force qui passe par l’avènement d’un gouvernement progressiste (et courageux) dans un pays dont le poids économique est important.


Photo : WINFRIED ROTHERMEL/AFP

Haut de page

Voir aussi

Boiron : les salariés s’estiment victimes des mauvais choix de l’entreprise

Éco/Social accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents