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Dossier : Attentats, un an après : Une société fracturée

Déradicalisation : Entre prévention et chasse aux sorcières

De la protection de l’enfance à la désignation d’ennemis intérieurs, le spectre de la déradicalisation est large, les méthodes plurielles, et non sans risques.

«Déradicalisation ». Certaines équipes qui en sont chargées par les nouvelles cellules préfectorales ad hoc préfèrent « désembrigadement », « désendoctrinement » ou « prévention » et « réinsertion ». Soit des appellations qui raccrochent à des histoires connues : conduites à risques, emprise sectaire, addictions…

« Le terme et les approches qui en découlent ont été forgés par les professionnels de la sécurité et du renseignement dans un contexte spécifique », précise le spécialiste des questions de sécurité Francesco Ragazzi dans une étude sur la lutte contre la radicalisation en Europe. Après les attentats de Madrid, l’assassinat de Theo Van Gogh et l’attentat de Londres, les appareils sécuritaires voisins se sont focalisés sur un terrorisme d’origine intérieure. En France, on cible aujourd’hui davantage les jeunes « jihadistes » que les radicalisés politiques.

Combien de « salafistes » dans les 10 500 fiches S évoquées par Manuel Valls le 23 décembre ? Une fille de famille catholique qui décide de porter le niqab est-elle dangereuse ? « Les jihadistes ne sont pas des mutants », assure le psychiatre Serge Hefez (voir entretien). Et pour l’anthropologue Dounia Bouzar, qui a mis la question religieuse de côté, il s’agit avant tout de sortir les jihadistes de la morbidité. De la protection de l’enfance à la désignation d’ennemis intérieurs, le spectre de la déradicalisation est large, les méthodes plurielles, et non sans risques : tous les fondamentalistes ne sont pas des terroristes en puissance, tous les terroristes ne sont pas fondamentalistes, et tous les candidats au jihad ne sont pas condamnés.


Photo : GUILLAUME BRIQUET/AFP

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