Témoignages : Esclaves du salariat
Sous le hashtag « On vaut mieux que ça », des centaines de témoignages ont afflué. Sélection.
dans l’hebdo N° 1442 Acheter ce numéro

Quelques jours avant mes 18 ans, j’ai décroché un job dans une chaîne de restauration rapide. En arrivant, j’avais du mal à tenir le rythme. Je passais pour fainéante, incapable et stupide, donc je me suis retrouvée avec une manager sur le dos en permanence, qui me hurlait : « plus vite, plus vite ».
L’autre tourment, c’était l’eau. Deux fois par jour, on nous servait un grand gobelet d’eau, mais le mien soit tombait par terre, soit était oublié. Je devais boire en cachette l’eau chaude et « non potable » du robinet des toilettes. J’ai aussi été énormément insultée. On lançait des rumeurs sur moi et on sabotait mon travail. J’ai aussi été frappée par une collègue (coups de pied dans le bas du dos) et menacée de mort par une autre. J’ai finalement été virée sans explications un peu avant la fin de ma période d’essai (2 mois et demi), avec une dizaine d’autres personnes. On nous a proposé de faire une dernière semaine de travail. J’ai été la seule à venir. Tout le monde était devenu gentil. On n’oubliait plus de me donner de l’eau. On ne sabotait plus mon travail. La manager était devenue amicale et me remerciait à chacun de mes gestes. Je n’ai toujours pas compris !
C’était horrible, mais je crois que ça a été pire encore pour d’autres. Presque chaque jour, une fille faisait une énorme crise de larmes. J’en ai vu plusieurs faire les cent pas en répétant : « Je n’ai rien fait pour mériter ça ! » J’essayais de les calmer, mais je n’y suis