Rue de la solidarité

Les habitants du nord-est de Paris s’organisent depuis plusieurs mois pour offrir un accueil digne aux centaines de migrants qui errent dans leur quartier. Reportage.

Vanina Delmas  • 17 mai 2017 abonné·es
Rue de la solidarité
© photo : PHILIPPE LOPEZ/AFP

Le métro de la ligne 2 a cette particularité, au niveau de la station Jaurès, de s’échapper du crépuscule souterrain pour remonter à la surface de Paris. Les yeux des passagers se posent alors mécaniquement sur les dizaines de couvertures de survie dorées jonchant le trottoir. Chaque nuit, des hommes venus d’Afghanistan, du Soudan ou d’Érythrée dorment devant les portes de la plateforme d’accueil pour nouveaux demandeurs d’asile, un site géré par France terre d’asile. Malgré l’évacuation en novembre dernier de plus de 3 800 personnes vivant sous le métro aérien, le quartier Jaurès-Stalingrad reste l’un des points de ralliement et de solidarité identifiés par les migrants.

Pour restaurer la notion d’accueil digne et pallier les manquements des pouvoirs publics, des riverains mettent la main au porte-monnaie et ne comptent pas leurs heures, et ce dès l’aurore. Sur les quais de Seine, le collectif P’tit-déj à Flandre distribue les tartines de beurre et de confiture. Porte de La Chapelle, le collectif Solidarité migrants Wilson installe chaque jour ses thermos de thé et de lait, près de la « bulle », le centre de premier accueil parisien. Puis il y a le quartier Pajol. Une vingtaine de migrants y dorment toujours, et les parents d’élèves de l’école du secteur ne pouvaient plus rester impassibles. « Nous servons des petits-déjeuners,

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Société
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