Appel au secours depuis Kaboul

Expulsé début mai de Lozère vers l’Afghanistan via la Norvège, conformément aux dispositions de l’accord de Dublin, un jeune Afghan envoie une vidéo de détresse.

Ingrid Merckx  • 8 juin 2017
Partager :
Appel au secours depuis Kaboul
Photo : Rassemblement mercredi 17 mai à Mende, en solidarité avec les réfugiés en Lozère, dix jours après l'expulsion vers la Norvège d'Hafizullah Safi.
© RESF Lozère

La vidéo est en ligne sur la page Facebook de RESF Lozère. Les membres du Réseau éducation sans frontières sont consternés : Hafizullah Safi appelle au secours depuis Kaboul.

J’ai très peur. Je ne peux pas sortir. Il y a des explosions et des gens tués. Je ne peux rester dans cette maison que deux semaines, et après je dois partir. Je ne peux pas prendre contact avec ma famille, je ne sais pas où ils sont, je n’ai personne ici.

RESF 48 demande aux autorités françaises de lui accorder un visa retour.

Nous sommes atterrés et révoltés qu’Hafizullah Safi, qui avait trouvé refuge en Lozère, « terre d’accueil », où la population l’avait accueilli avec humanité, ait pu être expulsé en Afghanistan où sa vie est en danger, la situation se dégradant de jour en jour, notamment à Kaboul.

Nous refusons d’être complices d’un meurtre et nous demandons que tout soit mis en œuvre pour organiser son retour en France.

Le jeune Afghan était hébergé depuis deux mois au centre d’accueil et d’orientation de Marvejols quand le préfet de Lozère l’a expulsé vers le centre de rétention de Lyon, le 9 mai, afin qu’il soit renvoyé vers la Norvège, pays de son entrée dans l’Union, le 10 mai.

Les membres du réseau redoutaient qu’Hafizullah Safi soit ensuite expulsé vers l’Afghanistan, pays où il a vu son père se faire égorger par les talibans en 2015. Après deux ans d’errance, il avait trouvé refuge en Lozère.

À lire aussi >> Hafizullah, 22 ans, « dubliné » et en danger

« De la sécurité d’une petite ville de Lozère à la poudrière de Kaboul », résume RESF 48 en titre d’un texte qui invite à écrire au président de la République et à son Premier ministre.

À lire aussi >> Kaboul, l’horreur en série

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Aux États-Unis, il y a une majorité de gauche qui existe déjà »
La Midinale 5 mars 2026

« Aux États-Unis, il y a une majorité de gauche qui existe déjà »

Tristan Cabello, historien spécialiste des États-Unis, maître de conférence à l’université John Hopkins et auteur de La victoire de Zohran Mamdani à New York. Un laboratoire pour la gauche (éditions Textuel), est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
Dans les Hautes-Alpes, la préfecture systématise des pratiques illégales contre des demandeurs d’asile
Enquête 5 mars 2026 abonné·es

Dans les Hautes-Alpes, la préfecture systématise des pratiques illégales contre des demandeurs d’asile

Depuis janvier, plusieurs dizaines d’interdictions de circuler sur le territoire français ont été délivrées à des étrangers souhaitant demander l’asile en France et n’ayant pas de titre de séjour dans l’Union européenne. Une pratique illégale criminalisant les personnes étrangères, que la préfecture peine à justifier.
Par Pauline Migevant
Espagne : la gauche radicale cherche sa voie
Monde 4 mars 2026 abonné·es

Espagne : la gauche radicale cherche sa voie

Yolanda Díaz ne sera plus candidate à la présidence du gouvernement espagnol. L’actuelle vice-présidente, ministre du Travail et leader de la coalition Sumar l’a annoncé le 25 février, au milieu d’un vif débat sur la recomposition de la gauche de la gauche outre-Pyrénées.
Par Pablo Castaño
Trump et Netanyahou, un même mépris pour le peuple iranien
Analyse 3 mars 2026

Trump et Netanyahou, un même mépris pour le peuple iranien

Les deux dirigeants alliés dans leur attaque massive de l’Iran poursuivent en réalité des objectifs différents : négocier l’abandon du programme nucléaire et les prix du pétrole pour le président américain, tandis que le premier ministre israélien souhaite élargir l’hégémonie de son pays au Moyen-Orient.
Par Denis Sieffert