Zéro Covid, au travail !

Une pétition propose d’arrêter « toute activité économique dont la société n’a pas un besoin urgent ».

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Où les gens attrapent-ils le Covid-19 ? Une grande partie des contaminations – 35 % selon l’Institut Pasteur (1) – se fait dans la famille nucléaire, et principalement entre conjoints. Or il est difficile de mener des politiques de santé publique dans l’intimité familiale et d’y imposer la distanciation, le masque et l’isolement, surtout quand les logements sont exigus. Restent trois domaines d’action : la sociabilité, la consommation au sens large (magasins, restaurants, culture…) et le travail.

Dans la politique gouvernementale, tout se passe comme si la sphère du travail (incluant les déplacements domicile-lieu d’emploi) n’était pas un problème. Pour la ministre du Travail, Élisabeth Borne, « ce n’est pas au travail qu’on se contamine », et pour son collègue des transports, Jean-Baptiste Djebbari, « les transports publics ne sont pas un lieu de contamination (2) ». De fait, les pouvoirs publics décrètent couvre-feux et confinements pour réduire les interactions dans la sociabilité et la consommation, mais limitent leur intervention dans le monde du travail à la seule question du télétravail. Or 70 % des salariés ne peuvent pas télétravailler du fait de la nature de leurs tâches (production en équipes, relation avec les usagers ou les clients), et ce sont précisément eux qui ont le plus de difficultés à respecter les gestes barrières et qui se contaminent le plus au Covid-19, comme l’ont montré plusieurs études.

Le Premier ministre a semblé en prendre conscience quand il a cité le chiffre issu de l’étude de l’Institut Pasteur : « Les contaminations au travail représentent 29 % des cas identifiés (3). » Mais il n’a évoqué aucune autre mesure que le télétravail. Si l’on considère que les contaminations intrafamiliales sont très difficiles à réduire, celles au travail représentent 45 % des cas évitables.

Une tout autre stratégie est possible et nécessaire, qui n’occulte pas la question du travail : la stratégie « Zéro Covid solidaire (4) ». Lancée par des militant·es allemand·es et reprise dans plusieurs pays européens, la pétition vise juste : « Les restrictions ne peuvent pas être efficaces si elles se concentrent uniquement sur le temps libre sans s’appliquer au temps de travail. Il nous faut donc arrêter pour un court moment toute activité économique en présentiel dont la société n’a pas un besoin vital urgent. Usines, bureaux, entreprises, chantiers, écoles doivent être fermés, l’obligation de travailler ou d’enseigner en présentiel suspendue. Cette pause de plusieurs semaines devra durer le temps nécessaire pour atteindre ces objectifs. L’important est que, dans chaque entreprise, les travailleurs puissent eux-mêmes configurer les mesures à prendre et les mettre en œuvre collectivement. Par cet appel, nous invitons également les syndicats à s’engager pour la santé des personnels et à soutenir leurs efforts. Ils pourront ainsi contribuer à organiser la grande pause commune. » À faire circuler !

(1) « Étude ComCor sur les lieux de contamination au Sars-Cov-2 : où les Français s’infectent-ils ? », 17 décembre 2020.

(2) Respectivement les 2 novembre et 16 octobre 2020.

(3) Le 28 mars.

(4) https://zero-covid.org/language/fr


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