Tchad : La nouvelle Françafrique en pleine lumière

Emmanuel Macron s'est rendu aux obsèques d’Idriss Déby Itno, « l’ami courageux ».

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La mort d’Idriss Déby Itno (Idi) expose de manière brutale une géopolitique sahélienne où la France est enlisée depuis une décennie. Le dictateur avait su se rendre indispensable à l’ancienne puissance coloniale par les « vertus » de la stabilité de son pouvoir, conservé d’une main de fer depuis trente ans, et les performances de son armée, supérieure à toutes celles de la région.

Macron s’est donc rendu aux obsèques de « l’ami courageux […], l’allié essentiel », « qui a œuvré sans relâche pour la sécurité du pays et la stabilité de la région durant trois décennies ». C’est le retour sans vergogne de la « Françafrique », cette realpolitik qu’on pensait largement soldée depuis la mort de Mitterrand. Avec la menace jihadiste, le Tchad s’est imposé comme base incontournable des opérations militaires de la France dans l’espace subsaharien, accueillant ses 5 100 soldats participant à l’opération Barkhane.

Aussi, c’est une gifle pour la société civile tchadienne, essorée par les années « Idi », que l’appel dérisoire à un « processus de transition civilo-militaire » signé par Paris et les État du G5-Sahel, qui codirigent la force antiterroriste régionale. Au père a succédé son fils Mahamat Idriss Déby, qui préside un Conseil militaire de transition (CMT) disposant de toutes les manettes, violant allègrement la Constitution et ce qui subsistait d’institutions au Tchad. Pour « dix-huit mois », avant des élections « libres et transparentes ». Idi avait fait une promesse identique après avoir renversé le dictateur Hissène Habré, en 1990. Paris ne lui a jamais demandé le moindre compte, sauvant même sa tête à deux reprises au cours de son règne.


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