À Mayotte, « tout le monde a peur de la préfecture »

Départementalisé il y a dix ans, Mayotte bénéficie de dispositions juridiques dérogatoires qui pénalisent les demandeurs d’asile.

Chloé Dubois (collectif Focus)  • 9 juin 2021 abonné·es
À Mayotte, « tout le monde a peur de la préfecture »
© Ali AL-DAHER / AFP

C e que je voudrais, ce sont des réponses, et que ma situation soit résolue, exprime simplement Omar (le prénom a été changé). Parce que vivre comme ça, risquer de me faire renvoyer aux Comores une nouvelle fois, ce n’est pas facile. Et puis c’est trop risqué de traverser la mer. J’ai vu des gens mourir. Je veux vivre normalement, comme les autres élèves de ma classe, et pouvoir circuler pour aller au lycée. » À l’instar de cet adolescent de 16 ans, de nombreux·es mineur·es non accompagné·es (MNA) expulsé·es illégalement du territoire français par la préfecture de Mayotte vers les Comores ont choisi de revenir. Avec l’angoisse que tout recommence.

Pour ne pas être soumis à un nouveau contrôle d’identité et « éviter les problèmes avec la police aux frontières », Omar raconte se lever très tôt le matin pour se rendre au lycée et repartir aussitôt que les cours sont terminés. Il navigue ainsi entre son établissement scolaire et chez lui, adopte des stratagèmes et ne fait aucun détour, ou presque.

En métropole, pourtant, Omar pourrait prétendre à l’obtention d’un document de circulation pour étranger·ère mineur·e (DCEM) qui permettrait de prouver à n’importe quelle autorité qu’il est mineur, qu’il a le droit de résider et de circuler librement sur le

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société Monde
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Au sud du Liban, l’empire des drones israéliens
Reportage 15 mai 2026 abonné·es

Au sud du Liban, l’empire des drones israéliens

Dans la région libanaise de Nabatiyé, l’armée israélienne occupe également le ciel. Son arme : des drones ultraperfectionnés qui ciblent des civils et les secouristes.
Par Zeina Kovacs et Alexandra Henry
Ukrainiens en Pologne : de l’hospitalité à l’hostilité
Reportage 13 mai 2026 abonné·es

Ukrainiens en Pologne : de l’hospitalité à l’hostilité

Au moment de l’invasion russe en Ukraine, nombre de familles ont trouvé accueil et protection chez le voisin polonais. Quatre ans après, la situation a changé. Les aides sociales ont été supprimées, les violences sont en hausse, les discours xénophobes et la haine en ligne progressent.
Par Maël Galisson
De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel
Portrait 13 mai 2026 abonné·es

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel

Le comédien de 51 ans raconte son parcours de vie accidenté dans un seul en scène salué par ses pairs. Son histoire est celle d’un homme qui s’est reconstruit grâce à la scène, découverte en prison à la faveur des permissions de sortie et des activités culturelles.
Par Hugo Forquès
Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »
Reportage 12 mai 2026 abonné·es

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »

La polémique autour de l’ouverture d’un Master Poulet à Saint-Ouen, contestée par le maire Karim Bouamrane (PS), a charrié des enjeux à l’intersection entre classe sociale, racisme et géographie de territoire. Un sujet qui résonne à L’Après M, restaurant solidaire dans les quartiers nord de Marseille.
Par Zoé Cottin