À Tours, une union bien mitonnée

La cité tourangelle prouve que le rassemblement entre insoumis, écologistes et socialistes n’a rien d’un vœu pieux lorsqu’il est le fruit d’un vrai processus de construction ouvert aux citoyens.

Il y a tout juste un an, les élections municipales rendaient leur verdict et coloraient de vert plusieurs frontons de grandes villes, de Lyon à Bordeaux en passant par Strasbourg, Poitiers ou Besançon. Considérés alors comme les grands gagnants du scrutin, les nouveaux maires écologistes ont continué de défrayer la chronique les mois suivants, pour le meilleur mais surtout pour le pire, et sont ainsi devenus la principale cible à abattre des conservateurs en tout genre. Mais à quoi bon renchérir sur ces vaines polémiques, au risque de donner du crédit à cette vaste entreprise de diabolisation (1) ?

Pour souffler cette première bougie, Politis a préféré aller prendre la température du côté de Tours, l’une des seules municipalités à être restées hors du champ de tir, loin des petites phrases montées en épingle et de la vindicte ramassée en quelques mots. Le cas n’en est pas moins intéressant, au contraire : à la tête d’une alliance de la gauche et des écologistes, rassemblés dès le premier tour, Emmanuel Denis incarne la possibilité d’une union large, et gagnante. Radioscopie d’une victoire, qui résonne aussi comme un espoir sur la route de 2022.


De la vie politique à Tours, certains disent qu’elle n’a rien à envier au Sénat. D’autres préfèrent la comparaison avec la Loire, qui traverse paisiblement cette ville de 135 000 habitants, régulièrement surnommée « la belle endormie ». Quelle que soit l’analogie, plus ou moins flatteuse, l’idée reste la même : ici, tout coule, sans vagues ni grand remous, dans une sorte de torpeur forcément inhabituelle pour qui débarque de l’agitation parisienne. «C’est la pondération tourangelle, une ambiance générale de modération», résume Betsabée Haas, une chanteuse lyrique installée à Tours il y a dix ans, désormais adjointe à la biodiversité et à la nature en ville. Elle et sa quarantaine de collègues du conseil municipal, qui constituent le nouvel exécutif élu à la tête de l’hôtel de ville il y a un an, ne semblent guère avoir dérogé à la tradition locale : depuis, la municipalité n’a pas connu d’esclandre particulier, ni de grand chambardement. En cette fin du mois de mai, la jeune équipe accueille sobrement, sans forfanterie mais avec le sourire, dans un mélange de discrétion et de sérénité, bien loin du marasme national. « Personne n’est là pour essayer de prendre la lumière», assure la soprano, encartée chez EELV.

Ce n’est pourtant pas le moindre des coups de force qu’a réussi la liste emmenée l’an dernier par Emmanuel Denis. À l’instar de Grenoble et de Besançon, dans des configurations plus ou moins équivalentes, Tours a été l’une des très rares villes à présenter une alliance aussi large, et a fortiori victorieuse, de la gauche et des écologistes lors des élections municipales. Aujourd’hui, écologistes, insoumis, communistes et socialistes gouvernent ensemble, aux côtés d’élus d’Ensemble ! et de Génération·s.

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