Ce qui ne va plus être possible (1/3)

Pendant ces cinq ans, Emmanuel Macron s’est comporté en fourrier du pire.

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Dimanche soir, on a soufflé. Brièvement, certes. Mais, après avoir très salement flippé pendant quinze jours, on a soufflé : on s’est accordé un minuscule répit dans la merdasse ambiante – pour savourer la défaite, à l’élection présidentielle, d’une candidate porteuse d’un projet fasciste.

Cette rémission a été de courte durée, puisque très vite Emmanuel Macron, qui rempile donc pour un second mandat, est revenu dans nos vies, pour déclarer : « Je veux remercier les Françaises et les Français qui m’ont accordé leur confiance pour présider notre République durant les cinq années à venir. »

D’évidence, il parlait des 9,7 millions de Français·es qui ont effectivement voté pour lui au premier tour, et dont il est donc permis de supposer qu’en effet, iels lui ont accordé leur confiance. Ou alors il continue, comme il a fait pendant toute la durée de son premier quinquennat, à nous prendre pour des imbéciles.

Parce que, pour ce qui serait de nous – qui lui avons, par millions, permis de doubler son score au second tour –, nous ne lui avons rien accordé du tout. Mais alors ce qui s’appelle : rien.

Si nous lui avons donné nos voix, c’est pour faire barrage (1) à une extrême droite dont il n’a, quant à lui, jamais cessé, pendant les cinq premières années de son règne, de favoriser la progression, au point que sa candidate a remporté ce dimanche trois millions de suffrages de plus que lors du second tour de l’élection présidentielle de 2017.

Car c’est là son legs, au terme de ce premier mandat : pendant ces cinq ans, Macron s’est comporté, sans discontinuer, en fourrier du pire. Rappelons-nous, en vrac, la célébration de Charles Maurras, inventeur de l’antisémitisme d’État ; la glorification du « grand soldat » Pétain ; le copinage avec Villiers ; la complaisance pour la presse raciste – et condamnée comme telle ; la connivence avec Zemmour, prêcheur de haine raciale ou religieuse – et condamné comme tel ; la molestation des associations antiracistes musulmanes et des organisations antifascistes. Et cetera. Et cetera. Et cetera.

Pendant ces cinq ans, on n’a cessé, ici même, de dire et redire (et redire encore) ces infamies. Mais force est de constater qu’il va falloir encore hausser le ton – et pas qu’un peu – contre ce responsable direct, depuis 2017, de la fascisation des esprits. Contre ce complice du pire. Il ne faudra, tout simplement, plus le laisser faire.

Puis il faudra aussi – et tout de même – s’occuper du cas de celles et ceux qui, bien avant Macron, ont banalisé l’intolérance et normalisé le racisme. Il faudra se pencher sur la presse – fût-elle de référence – qui a soudain redécouvert, en avril 2022, que la soupe dégueulasse qu’elle vendait depuis 2002 (estimation basse) empestait le fascisme.

Et bien sûr – et surtout – il faudra se parler de la « gauche ». Je ne sais pas toi, mais moi j’ai hâte.

(1) Selon la formule consacrée, qui en vaut bien une autre – n’en déplaise aux embarrassant·es sarcasmistes qui depuis une demi-décennie brocardent les « castors ».


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