« Les quartiers populaires sont assignés à environnement »

Face à des épisodes de canicule de plus en plus fréquents, les zones urbaines défavorisées sont les plus exposées. Explications du géographe Guillaume Faburel.

Une vague de chaleur exceptionnelle s’est abattue sur toute la France, ce samedi 18 juin. La ville de Biarritz, en atteignant 42,9 °C, a battu son record absolu de température, tous mois confondus, alors que l’été n’avait pas encore commencé. Ailleurs dans l’Hexagone, et en particulier dans les quartiers populaires des grandes métropoles, la chaleur a frappé les plus précaires. Sans climatisation, sans espace ombragé ni brise marine, ces populations sont particulièrement vulnérables au réchauffement climatique et aux épisodes de canicule, dont la fréquence et la puissance s’intensifient.

Guillaume Faburel, géographe et professeur d’études urbaines, publiait en 2019 un rapport intitulé « Vivre les fournaises urbaines », dans lequel il décrit les sentiments de « suffocation » et d’« asphyxie » vécus par les habitants des grandes métropoles. Pour le chercheur, l’urbanisation massive a provoqué l’apparition d’îlots de chaleur dans les zones de grande densité urbaine. En cause, des immeubles mal construits et des politiques publiques qui stagnent en matière d’écologie.

Pourquoi les populations urbaines sont-elles particulièrement touchées par les épisodes de canicule ?

Guillaume Faburel : Il y a d’énormes différences de température entre les grandes villes et les campagnes qui les entourent. En France, certaines petites communes affichent parfois des températures inférieures de plus de 10 °C par rapport à celles du cœur de grandes villes situées à quelques dizaines de kilomètres à peine. Des chercheurs anglo-saxons qui travaillent sur le sujet depuis de nombreuses années estiment que même une petite commune de 1 000 habitants peut enregistrer 1 à 2 °C de plus que des zones plus reculées.

Cela s’explique par l’utilisation, dans la construction de bâtiments, de matériaux qui absorbent très peu la chaleur et donc réchauffent l’extérieur ou la captent et chauffent les bâtiments. À titre d’exemple, une terre recouverte d’herbe, en période caniculaire, reste à peu près à 20 °C alors que la même parcelle recouverte d’asphalte peut atteindre 60 °C. La forte densité urbaine achève de créer ce qu’on appelle des îlots de chaleur. Le phénomène est aussi massif que mondial : 1,7 milliard de personnes habitant dans des grandes villes ont connu, ces trente-cinq dernières années, un triplement des épisodes caniculaires.

Toutes les classes sociales urbaines sont-elles égales face au réchauffement climatique ?

Il y a, en ville, de très nettes injustices environnementales. Les quartiers d’habitat les plus populaires manquent d’espaces verts, qui pourraient participer à créer des zones plus fraîches et à réduire les températures.

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