Dossier : Bifurquer : ces jeunes qui sautent le pas

Ces collectifs qui rêvent de changer le système

Derrière la volonté d’accompagner les « bifurqueurs », il y a une plus grande ambition : réformer l’enseignement supérieur, transformer les pratiques des entreprises et bousculer la vie politique.

Tout a commencé en 2018, par un simple manifeste. Un texte énonçant clairement le paradoxe dans lequel se trouvent des milliers de jeunes actifs ou encore étudiants : « Le système dont nous faisons partie nous oriente vers des postes souvent incompatibles avec le fruit de nos réflexions et nous enferme dans des contradictions quotidiennes. » Des mots qui appellent surtout à « inciter tous les acteurs de la société – les pouvoirs publics, les entreprises, les particuliers et les associations – à jouer leur rôle dans cette grande transformation et à mener les changements nécessaires vers une société enfin soutenable ». Le message est clair : les lignes doivent bouger et les jeunes veulent être l’un des moteurs de ce changement. Lancé par des élèves de Polytechnique, le manifeste fait tache d’huile. 33 000 étudiants issus de 400 établissements de l’enseignement supérieur le signent. À la suite de quoi se crée un collectif. Son nom : Pour un réveil écologique.

Depuis, les associations, organisations ou collectifs qui se donnent pour objectif d’éveiller les consciences climatiques ont fleuri. Tous affichent le même but : aider les jeunes à trouver une plus grande adéquation entre leur vie professionnelle et leurs engagements personnels. « Nous donnons des retours d’expérience et des conseils aux personnes encore en études supérieures qui essaient de trouver un emploi qui pourrait être cohérent avec leurs valeurs et leurs convictions. Nous accueillons et accompagnons leur réflexion, explique Cyril Cassagnaud, élève ingénieur en chef à l’Institut national des études territoriales, passé par Sciences Po, et membre de Pour un réveil écologique depuis 2019. Et pour les jeunes actifs installés au sein d’une entreprise, nous fournissons des outils pour qu’ils puissent agir de l’intérieur et créer un collectif ou en rejoindre un existant déjà au sein d’une organisation. L’objectif est qu’une intelligence collective se crée. » En bref, il s’agit avant tout d’accompagner ceux qui veulent emprunter un autre chemin professionnel que celui qui leur était destiné.

Même son de cloche du côté du collectif Effisciences, fondé par des étudiants des écoles normales supérieures (ENS), qui aide les jeunes chercheurs et ceux qui le deviendront à trouver des champs de recherche en accord avec leurs convictions écologiques. Le moyen : une cartographie des axes de recherche « pour permettre à un étudiant qui s’intéresse à un sujet de trouver un stage ou un directeur de thèse », explique Tom David, membre du collectif. Et toujours la même ligne directrice : aligner la recherche sur « les problèmes prioritaires de la société » et ne plus enfermer les étudiants dans les parcours rigides de l’enseignement supérieur. « Est-ce que la recherche est en ordre de bataille par rapport à la situation environnementale ? On est loin du compte », constate-t-il.

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