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Publié le 14 décembre 2007

Un rapport plombe l'Europe

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On fait le pari que ce document publié le jour de la signature par les Vingt-Sept du traité de Lisbonne n'intéressera pas nos grands médias. On doit pourtant ce rapport d'information (lire les deux fichiers PDF, la synthèse et le rapport, ci-dessous), qui présente une évaluation de la coordination des politiques économiques en Europe, à deux sénateurs de la droite, Joël Bourdin (UMP, Eure) et Yvon Collin (RDSE, Tarn-et-Garonne).

Ce rapport d'étape de la « délégation du Sénat pour la planification », publié le jeudi 13 décembre, est présenté dans la perspective de la future présidence française de l'Union européenne. La synthèse est digne d'une analyse de la gauche qui milite en faveur d'un référendum sur le traité de Lisbonne : « Alors que la coordination des politiques économiques est un engagement politique fondamental dans le processus de construction européenne, son organisation et son fonctionnement concrets semblent, paradoxalement, inspirés par des approches théoriques et des instruments d’analyse économique qui fondent une coordination a minima, que symbolise le rôle primordial, sinon exclusif, du Pacte de stabilité et de croissance ».

Le rapport est aussi une lourde charge contre les politiques européennes. « Le constat est alarmant : la coordination, engagement fondamental dans le processus de construction européenne semble à l’abandon et dégénère en une confrontation aux effets économiques très préoccupants », osent écrirent les rapporteurs qui dénoncent le manque de coordination des politiques économiques en Europe, jugées « incoordonnées », voire « antagonistes ». Les auteurs épinglent aussi la « concurrence fiscale » entre Etats, à savoir les taux d'imposition particulièrement faible dans certains pays, en tête desquels le Royaume-Uni, et beaucoup plus élevés dans d'autres comme l'Allemagne. Avec pour conséquence, « la déconnexion » entre le pays où sont perçues les recettes et celui de l'activité économique, constate le rapport.

Ce manque de coordination entraîne des « tensions résultant des antagonismes actuels », des « pertes de croissance », qui « anémient les budgets publics ». La tentation d'imiter la politique de désinflation compétitive menée notamment par l'Allemagne, principal partenaire commercial de la France, pour des pays « sans possibilité de dévaluation (...) plongerait l'Europe dans la stagnation économique », avertit notamment le rapport.


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