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Publié le 15 octobre 2010
Le Figaro pris à revers par les jeunes

Le Figaro pris à revers par les jeunes

Illustration - Le Figaro pris à revers par les jeunes
Au terme d'une journée marquée par une importante mobilisation des lycéens et étudiants contre la réforme des retraites, la Une du Figaro, déjà risible ce matin eu égard aux grèves en cours malgré l'absence de tout mot d'ordre national sur une grève reconductible, devient tout bonnement grotesque.

Le bon quotidien de Serge Dassault expliquait encore à ses lecteurs Umpistes ce matin qu'ils n'avaient rien à craindre: «La mobilisation faiblit, Sarkozy reste ferme.»
Illustration - Le Figaro pris à revers par les jeunes
Ce soir, beaucoup d'entre eux doivent ce souvenir de cette citation de Péguy, souvent donnée en sujet de dissertation aux élèves de Seconde ou de Première: «Homère est nouveau ce matin et rien n'est peut-être aussi vieux que le journal d'aujourd'hui.»

Car loin de faiblir, la mobilisation a cette fois vraiment gagné la jeunesse. Selon l'Union nationale lycéenne (UNL), 1.100 lycées se sont mobilisés sur les 4.302 du pays, et environ 700 étaient bloqués. Et l'on a vu un peu partout dans le pays des lycéens et étudiants improviser des manifestation contre la réforme des retraites en dépit des mises en garde du gouvernement contre des risques de manipulation et de dérapages1.

Cette irruption des jeunes dans le mouvement ne s'est pas faite sans heurts. Si des incidents, principalement des jets de projectiles, ont été rapportés par les pouvoirs publics et forces de l'ordre à Lille, Lyon, Chambéry, Montargis, Nantes et Argenteuil, l'attitude de la police est mise en cause par les syndicats et partis de gauche. Et pas sans raisons.

À Montreuil (Seine-Saint-Denis) , un adolescent de 16 ans a été blessé au visage par un tir de flashball. Son visage a été déformé et il a subi trois fractures. Il pourrait être opéré de manière à lui sauver un oeil, a dit à la presse la maire de Montreuil, Dominique Voynet.

Dans le Val-d'Oise où, nous dit-on, quarante-cinq personnes ont été interpellés aux abords des lycées, un témoin-vidéaste de BFM-TV rapporte que devant le lycée Louis Jouvet de Taverny, où une quarantaine de CRS se sont déployés, l'arrestation d'un des manifestants a déclenché des violences qui ont duré toute la matinée, rapporte : «Les CRS ont lancé des gaz lacrymogènes et tiré au flash-ball vers les manifestants.» Ils auraient également fait usage de leurs matraques sur certains manifestants.

A Chambéry(Savoie) , où de violentes échauffourées ont opposé lycéens et gendarmes mobiles, ces derniers sont manifestement rentrés dans le lycée, selon plusieurs témoignages recueillis par La TVnet citoyenne.


Violents échauffourés entre les lycéens et CRS à Chambéry
envoyé par tvnetcitoyenne. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Manifestement les forces de l'ordre ont la consigne d'intervenir dès les premiers signes de blocage des lycées. D'où la menace à peine voilée de l'inspecteur d'académie de Seine-Saint-Denis, Daniel Auverlot, qui a déclaré à l'AFP: «A partir du moment où des lycéens bloquent des établissements, nous ne pouvons plus répondre de leur sécurité, car certains blocages risquent de dégénérer en début d'émeutes urbaines.» Si le gouvernement voulait ainsi étouffer dans l'œuf la contestation de sa réforme dans la jeunesse, c'est raté. Les chiffres des manifestations de la journée le montre [[À Paris, le plus important cortège a rassemblé 5.000 personnes, selon l'UNL, entre Saint-Sulpice et l'Opéra Garnier. Un autre rassemblement prévu devant le siège du Medef a mobilisé 2.500 jeunes, selon l'Unef.
Selon le syndicat étudiant, quelque 10.000 jeunes ont défilé à Toulouse, 8.000 à Rennes, 7.000 à Bordeaux, 5.000 à Bordeaux et Brest, 4.000 à Reims, 2.000 à Perpignan, 2.000 à Orléans, 2.000 à Tours, 1.500 à Montpellier, 1.000 à Caen. Etc.]] La violence dont ont fait preuve les forces de l'ordre en plusieurs endroits a, au contraire, de bonnes chances de renforcer la détermination des contestataires en herbe. Et gonfler les rangs des prochaines manifestations.
Le Figaro va avoir du mal à l'expliquer à ses lecteurs.



  1. On peut s'en faire une idée assez complète en consultant la revue de presse très exhaustive du site Sauvons l'école publique


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