« Boma Ye », jeux de regards

Frédéric Roux propose un récit à plusieurs voix sur Muhammad Ali, entre fiction et réalité.

Pauline Guedj  • 9 janvier 2026 abonné·es
« Boma Ye », jeux de regards
Photo de presse de Mohamed Ali prise en 1971 après sa défaite contre Joe Frazier.
© Domaine public

En 2013, Frédéric Roux publie Alias Ali (Fayard), consacré au boxeur américain Muhammad Ali. Ce livre succède à un autre, plus classique, dédié à Mike Tyson. Pour ce nouveau projet, l’auteur s’est longtemps interrogé sur la structure à adopter. Contrairement à Tyson, Ali a déjà inspiré des auteurs comme Norman Mailer (Le Combat du siècle). Il est le sujet de documentaires, tel Muhammad Ali the Greatest de William Klein, et d’un biopic, Ali, signé Michael Mann.

Le livre est un jeu entre différentes perceptions, dans lequel Ali devient tantôt un héros, tantôt un spectre insaisissable.

Le boxeur et sa trajectoire, entre performance sportive et activisme, sont les thèmes de réflexion de plusieurs historiens spécialistes du sport, du panafricanisme ou des communautés africaines-américaines, et Ali est devenu l’objet d’un marketing lucratif comprenant posters à son effigie et maximes imprimées sur des tee-shirts : « Vole comme un papillon, pique comme une abeille. »

Face à ce trop-plein, pour Alias Ali, Frédéric Roux a eu l’excellente idée de laisser la parole aux autres. Au lieu de faire du boxeur, d’ordinaire très bavard, la principale voix de son texte, c’est sur celles de ses compagnons de route qu’il se repose, en « montant » des témoignages, des citations, des regards. Son livre est ainsi un jeu entre différentes perceptions, dans lequel Ali devient

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Littérature
Temps de lecture : 2 minutes