Se tuer au travail

Les suicides chez Renault et EDF ont relancé le débat sur la souffrance en entreprise. Même si un lien direct est difficile à établir, ils révèlent une dégradation des conditions de travail des salariés.

Jean-Baptiste Quiot  • 15 mars 2007 abonné·es

En arrive-t-on à se suicider à cause de son emploi ? Les récentes séries de suicides dans le monde professionnel mettent au premier plan la question des conditions de travail, alors que les principaux candidats à la présidentielle n'ont de cesse d'en appeler à la « valeur » de celui-ci. Avec trois salariés qui se sont donné la mort au cours des quatre derniers mois, le cas du technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines), où travaillent 9 000 personnes, met en lumière un phénomène touchant « l'ensemble des sites de Renault, qui subissent tous les effets pervers de la mondialisation » , estiment des syndicalistes de cette entreprise.

PSA-Peugeot-Citroën est également concerné depuis le décès, début février, d'un employé. Avant de se donner la mort, ce dernier a évoqué dans une lettre la pénibilité de ses conditions de travail. Et le suicide d'un employé de la centrale nucléaire de Chinon, le 27 février, survient après trois autres décès en quelques mois.

Une vue intérieure du technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines). AFP

Cette tragique série de Chinon a débuté en 2004 avec la mort d'un technicien supérieur d'EDF, retrouvé non loin de la centrale. Malgré cette distance, la caisse primaire d'assurance maladie a considéré qu'il y avait « un lien direct et essentiel avec l'activité professionnelle » . Mais ce lien reste difficile à prouver. Et la décision de la caisse primaire a été contestée par la direction d'EDF. L'audience du 5 mars, au tribunal des affaires de sécurité sociale de Tours, a vu ainsi

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