« De plus en plus de pathologies »

Le psychiatre Christophe Dejours a dirigé un ouvrage collectif*
qui montre à quel point l’organisation du travail peut générer
de la violence sociale.

Pauline Graulle  • 1 novembre 2007 abonné·es

Y a-t-il eu des évolutions dans les pathologies mentales liées au travail ?

Christophe Dejours : Oui, il y a de plus en plus de pathologies. On assiste à une aggravation à la fois des pathologies liées à une surcharge de travail ( burn-out , troubles musculo-squelettiques, etc.), mais aussi des pathologies post-traumatiques, liées à des faits de violence exercés contre le corps même des salariés sur leur lieu de travail. C'est, par exemple, le feu mis aux autobus, le drogué qui cogne l'urgentiste, les agressions dans les trains contre les contrôleurs... Et puis il y a les pathologies du harcèlement. Elles sont nouvelles en ce sens que de plus en plus de gens tombent malades du fait de ce harcèlement, qui, lui, n'a rien de nouveau.

Des salariés de France Télécom manifestent en avril 2004 à Paris. JANIN/AFP

Le monde du travail est-il plus violent qu'avant ?

Quand on parle de violence au travail, il ne s'agit pas d'une métaphore, mais de la contrainte par corps. Il y a beaucoup de violences qui se retournent contre soi ­ comme les suicides ­ ou contre les autres ­ comme les actes de sabotage, les violences contre les clients ou la hiérarchie... Les gens déchargent par la violence physique ce qu'ils ne peuvent plus contenir à l'intérieur. Ce sont des actes qui posent problème puisqu'on a du mal à définir si les gens, souvent très alcoolisés ou

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