Troubles de la mémoire

Le 25 novembre, le Cercle algérianiste et la mairie de Perpignan inaugurent un Mur des disparus en prévision de l’ouverture d’un musée sur la présence française en Algérie. Hommage aux victimes ou dérive colonialiste ?

Marion Dumand  • 15 novembre 2007 abonné·es

Une opération communautaire. » Présidente du Cercle algérianiste de Perpignan, Suzy Simon-Nicaise parle ainsi, sans faux-fuyants, de l'inauguration dans cette ville du Mémorial aux disparus 1954-1963. « Un hommage à des victimes, c'est tout » , résume quant à lui Jean-Marc Pujol, adjoint UMP au maire du même parti, en charge des rapatriés. « [Le Mémorial de Perpignan] instrumentalise les mémoires et les souffrances réelles et légitimes [...] et il en occulte d'autres » , accuse pour sa part un collectif de 52 organisations [^2], dont la LDH, le Mrap et les partis d'extrême gauche. D'autant qu'il risque de « donner une coloration partisane au centre-musée » sur la présence française en Algérie. Prévu pour 2009-2010, ce centre de documentation et d'exposition se tiendra en effet au même endroit ­ l'ancien couvent Sainte-Claire ­ et son projet est porté par les mêmes acteurs : la municipalité et le Cercle algérianiste, association nationale qui défend la culture pied-noir.

Le 4 mars 1962, graffitis de l’OAS prônant l’Algérie française, sur un mur d’Alger. DPA/AFP

Après deux années de polémique, un cessez-le-feu semble s'installer autour du jour de l'inauguration. Tous veulent, le 25 novembre, respecter la douleur des deux mille familles attendues, et en attente de ce mémorial. Pour ne pas les heurter, le collectif « Non au musée de la mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation » appelle à un rassemblement la veille, le 24 novembre [^3]. De son côté, le Cercle algérianiste prévient qu'aucune banderole associative ne sera tolérée. Bonhomme, Jean-Marc Pujol arrondit les angles qu'il a eus bien plus aigus sur le sujet. Certes, le rappel

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Société
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