Une volonté de réforme

Patrick Piro  • 22 novembre 2007 abonné·es

Sous ses dehors techniques, c’est une étape importante, voire cruciale, de leur histoire qu’abordent les Verts samedi 24 novembre, avec l’examen de la réforme de leurs statuts par leur Conseil national (Cnir). Cent fois tentée, cent fois barrée, connaîtra-t-elle un meilleur sort cette fois ? Les dernières journées d’été du parti, à Quimper, ont montré que la volonté était présente, même si certains, comme Francine Bavay à l’aile gauche du parti, estiment que le chantier prioritaire est le débat politique sur le rôle des écologistes après l’élection de Nicolas Sarkozy ou le Grenelle de l’environnement. « Mais, aujourd’hui, il faut bien avancer, et nous n’avons plus le droit d’échouer , défend Mireille Ferri, vice-présidente du conseil régional Île-de-France, à la manoeuvre. Par souci de pragmatisme, on va d’abord aborder l’essentiel. Si ça passe, il sera toujours temps d’aller plus loin. »

L’essentiel, c’est surtout le principe de la majorité des 60 % lors des votes du Cnir, le parlement des Verts. Un seuil qui engendre des débats interminables, des alliances souvent baroques à l’occasion des congrès et des exécutifs paralysés. Proposition : abaisser la majorité à 50 %.

Ensuite, un certain nombre de responsables pourraient être désignés hors des courants internes, qui ne réunissent qu’une moitié des adhérents, mais dont les affrontements règlent la répartition de l’intégralité des postes dans le parti. Les petits courants, dont le poids est considérable dans un tel système, sont bien sûr opposés à ces modifications.

Autre proposition qui fait grincer : donner une prime importante à la majorité au sein du collège exécutif (le « gouvernement »), et créer un « bureau national » plus représentatif, incluant notamment les « grands élus nationaux » afin « d’harmoniser la parole externe des Verts » ­ c’est-à-dire mieux en contrôler les électrons libres. Également mises en débat, samedi : la possibilité d’adhérer par Internet (sans être connu d’un groupe local, donc), la simplification de la règle de cumul des mandats, et la répartition des finances entre le secrétariat national et les régions.

La mécanique de décision est périlleuse : les élus du Cnir devront se prononcer ­ à l’actuelle majorité des 60 % ­ sur le principe de soumettre ces propositions aux militants lors d’un référendum ultérieur. Mireille Ferri, malgré quelques points de consensus engrangés, perçoit cependant des signaux « contradictoires et conflictuels » sur l’issue possible des débats…

Politique
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