Pour eux, c’est « non »

Politis  • 17 janvier 2008 abonné·es

Hostiles au « boycott » du Congrès de Versailles, plusieurs élus socialistes non-signataires de l’appel du CNR se sont engagés publiquement à voter contre la révision constitutionnelle.

Laurent Fabius (RMC, 11 janvier) : « Oui j’irai [à Versailles]. C’est normal d’y aller. […] Nous sommes pour que la question du traité européen soit soumise à référendum. […] M. Sarkozy est d’un autre avis et veut que ce soit le Parlement qui décide et non pas le peuple. La seule façon que nous ayons de faire que ce soit le peuple ­ pour voter « oui » ou pour voter « non » ­, c’est de dire à Versailles : nous ne sommes pas d’accord avec votre position. Si nous n’y allons pas, comme on ne prend en compte que ceux qui sont présents, ça veut dire en fait que nous approuvons qu’il n’y ait pas de référendum. […] Je voterai « non » [sur la révision préalable de la Constitution] parce que je pense qu’il faut un référendum. Je crois qu’il ne faut pas se déjuger. »

Henri Emmanuelli ( Le Parisien , 9 janvier) : « Nous nous sommes engagés à quatre reprises pour que l’adoption d’un traité impliquant des abandons de souveraineté se fasse exclusivement par référendum. Il n’y a qu’un seul moyen de forcer Nicolas Sarkozy à l’organiser, c’est d’aller au Congrès de Versailles et de voter contre la ratification par voie parlementaire. Toute autre solution est dilatoire. »

Arnaud Montebourg (France 24, 10 janvier) : « Je me rendrai certainement à Versailles, et je voterai contre la ratification par la voie parlementaire. » Mais l’ancien porte-parole de Ségolène Royal admet que « cette question relève de la conscience personnelle. Ce n’est pas un problème sur la procédure » . « Il y a certains de nos camarades qui ont une autre appréciation. Cela ne me gêne pas. De toute façon, cela nous permettra de solder un vieux désaccord et de passer enfin à autre chose. » « Favorable à un référendum » , lui ne se sent « pas l’autorité de remplacer le peuple pour défaire ou accepter ce que le peuple a refusé » .

Claude Bartolone ( Le Parisien , 9 janvier) : « Comme d’autres, j’irai au congrès pour voter non, car c’est le seul moyen de redonner la parole aux Français. » </>

David Assouline (Déclaration à l’AFP, 12 janvier) : « Au milieu de la cacophonie et de la confusion, le seul moyen de ne pas se perdre est d’exprimer simplement sa conviction politique, et tout devient clair. […] Comme mon parti, comme l’aurait permis sa candidate à l’élection présidentielle si elle avait été élue, je pense que le peuple doit se prononcer directement sur le traité européen et doit venir s’opposer à ce que Nicolas Sarkozy réunisse les 3/5 du congrès pour éviter le référendum. […] Il n’y a pas d’autre moyen concret et sincère pour cela que de voter contre sa réforme constitutionnelle. »

Jean-Christophe Cambadélis (Rue89, 14 janvier) : « Le parti socialiste dans son bureau national a pris position pour le « oui ». Par souci de cohérence et de cohésion nous avons indiqué qu’il était nécessaire qu’il y ait un référendum. Il faut donc appliquer ce que nous avons dit. 1. Voter contre la modification qui exclut le référendum. 2. Faire passer le traité. Donc je me rendrai à Versailles pour appliquer ces deux principes. »

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