« Nous avons pris la Bastille, pas la Sorbonne »

Avec quelques pionniers, l’écrivaine Hélène Cixous a imaginé la révolution « Vincennes » dans un monde universitaire conservateur.
Témoignage.

Claude-Marie Vadrot  • 30 avril 2008 abonné·es

Un cours sauvage dans les jardins des Tuileries, le 21 mars 1972, pour protester contre le manque de place dans les locaux. / MICHEL HERMANS/COLL CMV

ILS SONT NOMBREUX CEUX qui se disputeraient volontiers l’honneur et le plaisir d’avoir inventé l’université de Paris-VIII, alors que l’esprit de Mai 68 commençait à refluer sous les coups d’une Assemblée nationale où les députés de droite avaient raflé la mise électorale, semblant renvoyer aux poubelles de l’histoire ceux qui venaient d’occuper les rues et d’ébranler le gaullisme. Après avoir enquêté et rassemblé nos souvenirs, nous avons estimé qu’Hélène Cixous tenait la corde, épaulée notamment par le spécialiste des sciences de l’éducation Michel Debeauvais, le doyen de la Sorbonne Raymond Las Vergnas, l’historien Jean-Baptiste Duroselle et le philosophe Jacques Derrida. C’est donc à celle qui imposa en France les études féminines que nous avons demandé de nous raconter la gestation et l’installation de cette université dont elle rêvait depuis qu’elle avait commencé à enseigner à Bordeaux, en 1966.

« Quand je disais à mes collègues qu’ils étaient asservis à des “patrons” et

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés
Histoire 5 février 2026

La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés

Marquées par les traumatismes de guerre, de racisme ou de pudeur, les histoires familiales des enfants issus des générations postcoloniales peinent à être partagées. Face à ces silences, les enfants héritent d’une mémoire fragmentée, et peinent à retrouver leur récit.
Par Kamélia Ouaïssa
Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression
Analyse 5 février 2026 abonné·es

Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression

Les médias dominants, ou mainstream, semblent aborder encore l’histoire coloniale et l’immigration à travers un regard dominant. Podcasts, médias indépendants et plateformes numériques deviennent alors des lieux de contre-récit, de mémoire et de réappropriation.
Par Kamélia Ouaïssa
« Je voulais raconter la condition des femmes noires »
Entretien 5 février 2026 abonné·es

« Je voulais raconter la condition des femmes noires »

Avec Sous nos peaux, Maïram Guissé explore l’intime des femmes noires de son entourage. En mêlant témoignages et parcours personnels, l’autrice interroge l’identité, les enjeux de représentation et la place que la société réserve aux corps noirs.
Par Kamélia Ouaïssa
« La gestion des naissances n’est pas en dehors du système capitaliste »
Entretien 5 février 2026 abonné·es

« La gestion des naissances n’est pas en dehors du système capitaliste »

À rebours d’une vision nataliste centrée sur l’économie, la géographe Clélia Gasquet-Blanchard interroge les conditions d’accompagnement à la naissance dans un système capitaliste.
Par Salomé Dionisi