La classe supérieure
Si la Palme d’or attribuée à « Entre les murs » de Laurent Cantet est réjouissante, le reste du palmarès est décevant, la mise à l’écart du passionnant « Valse avec Bachir », d’Ari Folman, restant même incompréhensible.
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Les derniers seront les premiers. Sélectionné après tout le monde, projeté à la fin du festival, Entre les murs de Laurent Cantet remporte donc la Palme d’or. Même si le film de l’Israélien Ari Folman, Valse avec Bachir (voir plus loin), apparaissait comme le plus marquant de la compétition (pour se retrouver au final scandaleusement écarté du palmarès), la distinction du film français n’est pas usurpée, toute réaction cocardière mise à part, ce que les médias n’évitent pas toujours depuis l’annonce de la Palme.
Laurent Cantet et quelques-uns des jeunes acteurs de son film « Entre les murs ». Hache/AFP
Adapté du livre de François Bégaudeau (chez Verticales, en 2006), qui interprète lui-même le rôle du professeur de français, François Marin, «en face» de sa classe de 4e, le film tient la gageure du huis clos dans un établissement scolaire du XXe arrondissement de Paris, tout en étant une caisse de résonance de la société française. Dynamique, gorgé d’énergie, souvent drôle et totalement dénué de démagogie, Entre les murs n’enjolive pas la réalité de l’école, avec ses échecs et sa mécanique d’exclusion, mais donne aussi à voir des adolescents réactifs, intelligents, présents au monde et à leur prof. Entre les murs (sur les écrans le 15~octobre) est une fiction, et les jeunes comédiens, qui se sont préalablement entraînés dans des séances d’improvisation avec le cinéaste, sont très convaincants. Ils méritent tous… un 20/20~!
Malgré toute la sympathie que l’on peut avoir pour Sean Penn, et pour certains des jurés qui l’ont entouré, comme le cinéaste Apichatpong Weerasethakul, le palmarès, ensuite, perd en allure.
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