La musique prend des airs équitables
Pourrait-on appliquer au marché du disque certains principes
du commerce équitable, comme la « juste » rétribution des artistes ? Un livre et un festival posent la question et suggèrent des pistes.
À ceux pour qui la musique équitable n’évoquerait que la dernière tendance de la world music, François Mauger [^2] expose le contexte en quelques chiffres : «Sur un CD à 17~euros, l’interprète touche 0,8~euro. Le deuxième vendeur de disques en France, derrière la Fnac, c’est Carrefour. Et quatre maisons de production (les majors Universal, Sony BMG, EMI et Warner music) se partagent 80% de parts de marché.»
Les Ogres de Barback apportent leur concours à une réflexion sur la musique équitable. DR
Résultat, ces majors ne jouent plus leur rôle de producteur d’artistes différents et différenciés, pour ne penser que rentabilité, et laissent ce travail aux labels indépendants, obligés de serrer au maximum les coûts de leur investissement. En bout de chaîne, le musicien, le producteur de la matière première en somme, doit se résoudre à vivre d’art et d’eau fraîche.
Dans la Musique assiégée, Charlotte Dudignac et François Mauger lancent le débat sur ce que pourrait être une traduction des principes du commerce équitable dans l’économie musicale, après avoir exposé en détail l’économie de la production, du concert, de la distribution. «Rendre visible la dimension économique de la musique doit aider à restaurer ses valeurs» , estime Charlotte Dudignac. Juste prix, transparence,
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