L’échappée belle
« Le Petit Fugitif »,
film américain de 1953, célébré par la Nouvelle Vague en France, rompait avec l’esthétique
et l’économie des studios. Il reste aujourd’hui d’une modernité réjouissante.
dans l’hebdo N° 1038 Acheter ce numéro
En 1953, Hollywood brille encore de tous ses feux. Les hommes préfèrent les blondes, de Howard Hawks, Jules Cesar, de Joseph Mankiewicz, Règlement de comptes, de Fritz Lang, Tous en scène , de Vicente Minnelli, Le soleil brille pour tout le monde , de John Ford, pour ne citer que ces quelques joyaux, sortent sur les écrans. L’industrie cinématographique américaine, sommée de réagir face à la concurrence nouvelle de la télévision, qui commence à se répandre dans les foyers outre-Atlantique, met au point le cinémascope. Pour du spectacle plein pot. Et pourtant, en cette année 1953, Hollywood ne résume pas tout le cinéma américain. Un film, ne ressemblant esthétiquement à rien de ce qui se fait aux États-Unis, et réalisé avec des moyens économiques presque dérisoires, va pourtant faire date : le Petit fugitif. Sur les écrans en France en 1954, il n’était jamais ressorti depuis. C’est donc un film souvent cité mais méconnu qui est enfin montré.
Souvent cité, parce que la Nouvelle Vague en a fait un de ses films fétiches. François Truffaut, en particulier, a souvent affirmé l’influence prépondérante de ce film sur les 400 coups, qu’il réalisa cinq ans plus tard, et sur À bout de souffle, le premier film de Jean-Luc Godard. Il faut
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