Éducation : réapprendre à apprendre
L’École de la deuxième chance permet à des jeunes sortis du système scolaire de s’insérer dans la vie active. Il en existe une quarantaine en France, et le concept pourrait se généraliser. Reportage.
dans l’hebdo N° 1056 Acheter ce numéro

La réponse tarde à venir. La formatrice repose alors doucement la question : « Fanny et Angélique, qu’est-ce que vous avez choisi comme métiers ? » Voyant sa camarade hésiter, Angélique se lance : « Bah, dans le social… assistante sociale. » Silence. Pascale Péres, la formatrice se tourne alors vers Fanny, qui finit par ânonner : « Éducateur ? » Et Pascale Péres d’ajouter lesdites professions à la liste figurant sur le grand tableau blanc de la salle de cours. Treize métiers (vendeur, cariste, animateur, éducateur spécialisé, aide-soignant, plombier, styliste) choisis par treize stagiaires fréquentant l’École de la deuxième chance (e2c), située au cœur de la zone industrielle du Bois-de-l’Épine, reliant Ris-Orangis à Évry (Essonne). Tous sont âgés de 18 à 25 ans, tous ont été en situation d’échec scolaire, sortis du système sans diplôme ou exclus du marché du travail, et tous ont fait le choix de retourner sur les bancs d’une école particulière.
Le cours d’aujourd’hui est intitulé « projet professionnel » : les stagiaires doivent enquêter sur des métiers qui les attirent, effectuer des recherches sur le Net, téléphoner aux professionnels et les interroger sur leur quotidien, la nature de leur travail, les qualifications requises, les difficultés.