La guerre des gènes climatiques
Des plantes capables de résister aux sécheresses ou aux inondations font l’objet d’une âpre concurrence entre de grandes firmes décidées à les breveter et les petits paysans qui ont su les identifier.
dans l’hebdo N° 1061 Acheter ce numéro

Les riz aman de l’État indien d’Assam, qui vivent de la pluie, sont parfaitement adaptés aux moussons d’été qui inondent les champs : ils supportent sans difficulté jusqu’à un demi-mètre de hausse du niveau des eaux, capables d’accélérer brutalement leur vitesse de croissance, qui peut atteindre une vingtaine de centimètres par jour, pour maintenir la tête hors d’eau, quand les variétés classiques meurent au bout de deux jours de submersion. Ils sont également aptes à capter les nutriments des eaux de crue par leur tige, et leur rendement oscille entre 1 et 3 tonnes par hectare : ils n’ont pas de concurrents sur les terres inondables. Près de la moitié des rizières asiatiques sont cultivées en variétés qui se contentent des précipitations pour leur eau. Elles sont essentielles pour les petits