Reprise(s)
dans l’hebdo N° 1065 Acheter ce numéro
Un an
Chaque fois que j’entends le mot « reprise », je pense à cette maxime rigolote qu’affectionnait, paraît-il, la grand-mère corrézienne de Jacques Chirac (on la trouve aussi dans une chanson de Chelon, ce qui ne nous rajeunit pas) : « Il faut mépriser les hauts et repriser les bas ! » La reprise de la parution de Politis après la trêve estivale commande aussi celle de ce bloc-notes, puisqu’il semble que vous n’en soyez point encore lassés : alors encore une année scolaire à jouer avec les mots d’une actualité qui le plus souvent m’insupporte par son caractère répétitif, en m’efforçant pourtant de lui trouver un sens : après quoi, promis, j’arrête. Je suis retraité, après tout ! [Et à propos de ce plaisir qu’on prend à jouer avec la langue, je vous recommande le dernier roman de Jacques A. Bertrand, jongleur bien connu des amateurs – déjà une quinzaine de bouquins à son actif – et des auditeurs des « Papous dans la tête » (le dimanche sur France Culture), neveu littéraire de Vialatte, petit cousin de Desproges et – pourquoi pas ? – lointain descendant de La Bruyère : les portraits qu’il brosse de ses contemporains (des nôtres et de nous, donc !), la façon qu’il a de croquer leurs (nos) travers, manies, fantasmes, la drôlerie de ces courts chapitres enlevés de main légère vous aideront à supporter la fin de l’été qui s’annonce et la « reprise » du collier, déjà effective pour beaucoup [^2].]
Colères
« Mépriser les hauts » : ce ne sont certes pas les occasions d’en dispenser (du mépris) qui auront manqué cet été, même si un autre aphorisme nous en suggère l’économie [^3]. Comment ne pas les mépriser, ces hommes d’argent, ces banquiers sauvés de la faillite par nos impôts et qui, à peine requinqués, reprennent les acrobaties financières qui ont généré la crise mondiale ? Comment