Nez bouché

Bernard Langlois  • 24 septembre 2009 abonné·es

Putride

C’est Michel Rocard qui, dans un moment de déprime (ou si c’est de lucidité ?), avait déclaré publiquement qu’il n’aurait jamais incité ses enfants à se lancer en politique tant il la trouvait « putride » . Je précise « publiquement » , parce que ce genre de propos est d’ordinaire plutôt réservé à la sphère privée, et il faut toute l’honnêteté intellectuelle qu’on reconnaît généralement à l’ancien Premier ministre pour qu’il en sorte. Une double actualité vient donner corps (mais en était-il encore besoin ?) à ce jugement sévère d’un homme qui a consacré toute sa vie à l’action publique et sait de quoi il parle : le procès des faux listings de Clearstream, qui s’est ouvert ce lundi ; et l’affaire des fraudes au PS, relancée par une enquête journalistique. À première vue, rien ne rapproche ces deux affaires, dont la première seulement donne lieu à des suites judiciaires, la seconde ayant été promptement balayée sous le tapis avec la merde du chat. Elles ont pourtant un point commun indiscutable : la rivalité, à l’intérieur d’un même camp, pour la conquête du pouvoir. Et la même sale odeur qui contraint à se boucher le nez.

Violette

Rappelons d’abord, c’est un préalable important, qu’il y a deux affaires Clearstream. La première est la mise en lumière, à la suite d’une enquête rigoureuse du journaliste-écrivain Denis Robert, du rôle pour le moins opaque d’une «  chambre de compensation » (sorte de banque des banques) luxembourgeoise dans la gestion de comptes et les mouvements de capitaux aux origines parfois douteuses. Ce genre d’établissement financier a des pudeurs de violette, il déteste qu’on braque le projecteur sur ses activités et qu’on évente

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Edito Bernard Langlois
Temps de lecture : 10 minutes