Il faut refuser certaines décentralisations

François Delapierre  • 18 mars 2010
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La plupart des élus régionaux disent qu’il faut donner plus de pouvoir aux régions. Je préfère dire qu’il faut donner plus de pouvoir aux citoyens. Car il y a urgence démocratique ! Des pillards du Fouquet’s installés au sommet de l’État au clientélisme de proximité pratiqué par tant d’élus locaux, partout les intérêts particuliers dominent. La logique antidémocratique de la Ve République est dupliquée en pire dans les conseils régionaux, où les présidents concentrent les pouvoirs. Et cela s’aggraverait avec la réforme territoriale voulue par la droite. Il faut donc commencer par une refondation républicaine de nos institutions, une révolution démocratique de la cave au grenier. C’est dans ce cadre qu’il faut revoir le partage des pouvoirs entre l’État et les régions. Examinons au cas par cas, car l’échelon régional n’est pas en toutes circonstances plus démocratique. Il est plus inégal, soumis aux notabilités locales, et enclin à la concurrence
des territoires.
Si le Smic était régional, cela entraînerait un dumping social sur tout le territoire et donc un recul de la souveraineté populaire face au marché. Ce qui relève des droits fondamentaux garantis également à tous devrait même être recentralisé. Il faut refuser certaines décentralisations dans les transports ou l’enseignement. En revanche, le niveau régional peut permettre un approfondissement démocratique dans d’autres domaines. C’est le cas notamment de la gestion du service public de l’eau, que nous préconisons.

François Delapierre est délégué général du Parti de gauche.
Temps de lecture : 1 minute
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